De Croo: "L’UE doit réagir avec prudence à la reconnaissance de Jérusalem"

Le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open VLD) estime que l’Europe ne doit pas répondre de manière impulsive à la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël. Le libéral flamand s’exprimait dans le cadre de sa rencontre, ce lundi midi, avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Mahmoud Abbas est actuellement à Bruxelles pour demander à l’Union européenne de reconnaître l’Etat palestinien. Ce midi, il a été reçu par Alexander De Croo. Les deux hommes ont pu discuter de coopération au développement, mais aussi de politique internationale. Car pour le ministre belge, "il n’est possible d’aider au développement que dans un contexte de paix et de sécurité".

D’après Alexander De Croo, une reconnaissance unilatérale de Jérusalem, telle qu’effectuée par Donald Trump, ne fait que compliquer la situation. C’est la raison pour laquelle l’Europe ne peut pas jouer le même jeu. Pour lui, l’Union européenne doit réagir de façon réfléchie, et ne pas répondre avec les mêmes sortes de "réactions politiques impulsives" que celles du président américain.

Le ministre belge de la Coopération estime en outre que l’Europe peut jouer un rôle important dans le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Elle pourrait être un médiateur neutre dans ce conflit qui dure depuis des dizaines d’années. L’Union ne pourrait toutefois le faire qu’à condition de s’exprimer d’une seule et même voix.

Gratitude envers la Belgique

De son côté, le ministre palestinien des Affaires étrangères a fait savoir que le président Mahmoud Abbas était très reconnaissant envers la Belgique, notamment pour son soutien à l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Alors que les autorités américaines avaient annoncé qu’ils gelaient partiellement leur aide, Alexander De Croo a décidé d’accélérer le versement d’une partie des 19 millions d’euros accordés par notre pays. Les autorités palestiniennes ont également tenu à remercier le gouvernement belge pour sa position en faveur de la paix, et son soutien politique en vue de trouver une solution au conflit.

Enfin, le ministre Alexander De Croo est revenu sur l’affaire de l’école palestinienne financée par la Belgique, mais dont le subside avait été suspendu suite au nom choisi pour l’établissement. Celui-ci avait en effet hérité du nom d’un terroriste. "C’est un malheureux incident", a-t-il commenté. Il s’est toutefois dit confiant dans le fait qu’une solution sera trouvée, afin que l’école ne soit plus liée au terrorisme. Le ministre pourra dès lors s’engager à aider les Palestiniens à construire encore plus de nouveaux établissements scolaires.