De Wever: "L’apartheid de fait prend de l’ampleur dans nos villes"

Interrogé dans le cadre du "Marathon des bourgmestres", sur Radio 2 (VRT), le leader de la N-VA a déclaré que les villes flamandes devaient davantage lutter contre "l’apartheid de fait", un phénomène qui, selon lui, progresse au sein de la population.

Le "Marathon des bourgmestres" est un évènement organisé par Radio 2 dans le cadre des élections communales d’octobre 2018. L’idée est de réaliser des séances de ‘Facebook live’ sous forme de questions-réponses entre les bourgmestres de Flandre et leurs concitoyens. Ce lundi matin, Bart De Wever (N-VA) était le premier à se lancer dans l’expérience.

Lors de l’interview, le bourgmestre d’Anvers a évoqué la diversité culturelle de sa ville, où se mélangent pas moins de 175 nationalités. "C’est une affaire compliquée, car ici, des personnes d’origines diverses vivent ensemble. S’il y a des problèmes quelque part dans le monde, on peut être certain que cela aura une répercussion dans nos rues".

Bart De Wever constate dans cet ordre d’idée une progression de l’"apartheid de fait" dans les villes flamandes. "Des groupes de gens vivent côte-à-côte, mais ils ne vont quasiment jamais se marier entre eux, ou aller aux fêtes organisées par les autres. Ils vivent en paix, mais en réalité en apartheid", a-t-il souligné. "Il faut tenter de briser cela, mais ce n’est pas une chose facile. Je pense que dans ce domaine, on n’a pas appliqué la bonne politique de migration et d’intégration durant de nombreuses années. On tente tous aujourd’hui d’y remédier, mais c’est un travail de longue haleine", a-t-il ajouté.

Le bourgmestre d’Anvers déplore aussi le manque de participation des personnes d’origine étrangères aux évènements culturels et à la vie publique. "Certains évènements sont vraiment à 100% blancs. Je pense par exemple à l’action ‘Music For Life’ et le ‘Warmathon’ lors desquels aucun jeune allochtone – et il y en a beaucoup dans notre ville – ne fait la connexion", affirme Bart De Wever. A ses yeux, il s’agit là d’une conséquence de cet apartheid de fait. "Ces personnes ne se sentent pas suffisamment liées à la société".

D’après le leader de la N-VA, il faut investir davantage pour lutter contre ce phénomène. "ça commence évidemment par une sélection des personnes qu’on laisse entrer dans notre pays, et puis il faut voir ce qu’on fait avec ces personnes pour les intégrer", souligne-t-il, ajoutant que le parcours d’intégration imposé depuis quelques années en Flandre a dû rattraper "un énorme retard", et concerne aujourd’hui "un nombre impressionnant" de candidats.

Le bourgmestre d’Anvers soutient également la création d’une "plateforme citoyenne dans laquelle les gens peuvent encore se reconnaître comme étant des joueurs d’une même équipe".