Le niveau de la menace terroriste ramené à 2

Depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le niveau de la menace terroriste était passé en Belgique à 3, sur une échelle de 4 (rarement atteint). Ce qui avait notamment entraîné l’apparition de militaires à des endroits nécessitant une protection renforcée. L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) a estimé ce lundi que le niveau général de la menace terroriste sur le territoire belge pouvait être ramené de 3 à 2, sauf exceptions ponctuelles.

"Nous avons comme Conseil national de sécurité (qui représente les principaux ministres et des responsables de différents services) pris connaissance de la communication officielle de la baisse générale du niveau de la menace terroriste de 3 à 2", a déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles le Premier ministre Charles Michel (photo archives), ce lundi.

"Un niveau général 2 n'est pas un niveau comme avant les attentats", a prévenu Michel, en soulignant qu'une culture de sécurité existe désormais en Belgique et "a été renforcée au cours des dernières années". Alors que le niveau de menace avait été brièvement rehaussé à 3 après l’attentat sur la rédaction de Charlie Hebdo à Paris (7 janvier 2015) et l’action anti-terroriste à Verviers qui avait suivi peu après, le niveau de la menace terroriste était repassé à 3 après les attentats de Paris de novembre 2015. Cela faisait maintenant plus de deux ans.

Pendant les deux jours qui ont suivi les attentats du 22 mars 2016 à l’aéroport de Zaventem et dans la station de métro bruxelloise Maalbeek, le niveau de la menace est même monté à son maximum : 4.

L’Ocam estime actuellement que le niveau peut être ramené à 2, la menace n’étant plus "sérieuse et probable", mais "moyenne et peu probable". Pour certains endroits spécifiques, le niveau 3 est cependant maintenu. Le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, a pour sa part indiqué qu’il souhaitait maintenir la surveillance par des militaires aux abords des sites juifs dans sa ville.

Jasper Jacobs

"Un message nuancé"

Le Premier ministre Michel a toutefois averti que les militaires - déployés dans les grandes villes depuis le 17 janvier 2015 - ne disparaîtront pas des rues. "Nous gardons les militaires de façon proportionnelle", a-t-il précisé ce lundi.

D’après Paul Van Tigchelt (photo), qui dirige l’Ocam, le niveau 2 signifie que la menace est moins pressante, mais pas qu’il n’y a plus de menace. "C’est un message nuancé. Mais sur base des informations disponibles des services de renseignements, il semble que la menace provenant de "lone actors" qui sont encouragés par la propagande officielle à commettre des attentats ait diminué. Le califat en Syrie et en Irak n’existe plus non plus. L’organisation terroriste Etat islamique a perdu son pouvoir d’attraction".

"Mais il reste des extrémistes au niveau international. Nous devons donc rester alertes et vigilants", précisait Van Tigchelt.