La RDC veut fermer le bureau belge de coopération à Kinshasa

Le ministère congolais des Affaires Etrangères a demandé à la Belgique de fermer son bureau de coopération au sein de l’ambassade à Kinshasa, suite à la décision belge de réviser la coopération avec son ancienne colonie. D’après des médias congolais (et notamment le site d’information Actualité.cd) ceci figure dans une lettre du ministre congolais des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu (photo), qui a fait l'objet d'une fuite. La Belgique n’a cependant pas encore reçu de demande officielle à ce sujet.

Cette note, non datée et non signée, également obtenue par l'agence Belga à Bruxelles, n'a pas été authentifiée par le ministère belge des Affaires étrangères qui a affirmé ne pas l'avoir (encore) reçue. Selon le site d’information Actualité.cd, ce document est "une lettre en préparation authentifiée par une source proche du ministère". Il est également cité par la radio privée Top Congo FM.

Si l'envoi de cette lettre se matérialisait, cela signifierait une nouvelle dégradation des relations, déjà tendues, entre Bruxelles et Kinshasa. "Faisant suite aux déclarations des responsables de la politique étrangère belges du 4 janvier et du 10 janvier de suspendre la coopération bilatérale d'Etat à Etat avec la République démocratique du Congo et de réaffecter le financement disponible à l'aide humanitaire, (le ministère congolais) a l'honneur de signifier au Gouvernement belge que la nouvelle Agence belge de développement (Enabel) n'a plus de raison d'être en République démocratique du Congo et, dès lors, lui demande de tirer les conséquences qui s'imposent".

Enabel est, depuis le 1er janvier, le nouveau nom de l'agence chargée de la mise en œuvre des programmes de développement de la Coopération belge, anciennement Coopération technique belge (CTB). "Le ministère saisit cette opportunité pour informer le Gouvernement belge de sa décision de fermer dans un bref délai la Maison Schengen à Kinshasa", ajoute la note.

Cette Maison Schengen, installée à côté de l'école belge de Kinshasa, traite pour le compte de plusieurs pays européens (Belgique, France, Portugal, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas) les dossiers des demandeurs de visa en RDC. Elle fonctionne depuis 2010.

Les tensions entre les deux pays montent

La Belgique avait annoncé le 10 janvier, par la voix des ministres des Affaires Etrangères et de la Coopération au développement, Didier Reynders et Alexander De Croo (photo archives), une révision de sa coopération, notamment son aide financière au gouvernement congolais en réorientant 25 millions d'euros "au profit de l'aide humanitaire et d'autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population" à la suite notamment de la répression de marches pacifistes en RDC le 31 décembre dernier.

Le gouvernement congolais avait déploré cette décision une semaine plus tard et promis, par le biais d'une communication de Léonard She Okitundu au conseil des ministres, d'y répondre par "des mesures appropriées" en utilisant "la voie diplomatique". La RDC fait l'objet de nombreuses critiques internationales pour les restrictions imposées à certaines libertés publiques et la répression de marches organisées à l'initiative de catholiques qui demandent aux Congolais de rester mobilisés et même "inébranlables" pour obtenir du président Joseph Kabila qu'il renonce à se déclarer candidat à sa propre succession alors que son second mandat a pris fin le 19 décembre 2016.

Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 23 décembre prochain. Kinshasa avait déjà brutalement interrompu le 14 avril dernier la coopération militaire belgo-congolaise mise sur pied en 2003, à la suite de critiques du ministre Reynders sur le choix du nouveau Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, un ancien opposant.