Mouvement de grève dans la majorité des prisons du pays

Les agents pénitentiaires ont entamé jeudi à 22h une grève de 32 heures. Près de la moitié des agents pénitentiaires participent au mouvement de grève dans les prisons francophones, selon les chiffres de l'administration. L'action syndicale connaît plus de succès en Flandre avec seulement 27% des gardiens présents. Les syndicats protestent contre le manque de personnel et d'investissements dans les prisons belges.

D'après les statistiques collectées par l'administration pénitentiaire, le taux de présence dans les prisons francophones du pays dépasse légèrement les 55%.

En Flandre, moins d'un travailleur sur deux s'est présenté à Anvers, Beveren, Bruges, Termonde, Gand, Hasselt, Hoogstraten, Merksplas, Saint-Gilles, Tongres, Turnhout, Wortel ainsi que dans les deux établissements de Louvain.

Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP-AMiO, est satisfait de la participation au mouvement, qui pourrait d'ailleurs s'intensifier vendredi après-midi en raison des changements d'équipes. "La mobilisation est indiscutable", réagit-il. "Le ministre de la Justice Koen Geens a tout intérêt à améliorer sa proposition, les travailleurs ont compris qu'il n'avait pas respecté sa parole."

Nouvelles actions en vue dans l’attente d’un accord

Le mouvement de grogne a été lancé depuis lundi, les agents ayant manifesté leur mécontentement en travaillant deux heures de moins chaque jour.

Les négociations entre les syndicats des agents pénitentiaires et le ministre de la Justice Koen Geens n'ont toujours pas abouti à un accord. Mercredi, le ministre est venu avec une nouvelle proposition: étudier la possibilité de faire passer vers les prisons des membres de la Protection civile qui répondraient à certains critères. Les syndicats se sont montrés surpris par cette proposition, mais n'ont pas fermé la porte.

D'autres propositions concernant les effectifs ont également été accueillies favorablement par les syndicats mercredi: octroyer des promotions ou engager définitivement des aides-soignants actuellement sous statut intérimaire. "Mais pour ce qui est des nouveaux engagements, le ministre veut 6.905 équivalents temps plein alors qu'il avait promis en 2016 que nous irions vers 7.075 ETP. C'est maintenant à nos membres de juger s'ils trouvent cela suffisant", ont indiqué des représentants syndicaux.

Les syndicats devraient adopter une position à cet égard lundi ou mardi, après consultation de la base. Une décision quant à la tenue d'un deuxième jour de grève le vendredi 9 février est également attendue au début de la semaine prochaine.