"Les écoles flamandes contribuent à l’inégalité des chances"

D’après une étude menée par les universités de Louvain (KUL), Gand (UGent) et Bruxelles (ULB) à la demande du centre interfédéral pour l'égalité des chances, Unia, l’enseignement flamand génère encore et toujours trop d'inégalités sur base sociale ou ethnique. Cette situation découle de la manière dont l’enseignement est organisé, mais aussi de la façon dont les écoles perçoivent leurs élèves.

Les enquêteurs ont interrogé 804 enseignants et directeurs de 280 écoles néerlandophones à propos de leur gestion de la diversité. Parallèlement, 138 instituteurs et directeurs du secondaire ont été questionnés sur leur manière d’orienter les élèves.

Le baromètre d’Unia sur la diversité dans l'enseignement a ainsi révélé que les décisions des conseils de classe ne sont pas toujours motivées par les seules compétences des élèves. A résultats identiques, les justifications apportées pour choisir telle ou telle attestation d'orientation (réussite, redoublement ou réorientation) ne sont pas les mêmes selon les caractéristiques des élèves. Des préjugés liés à la situation socio-économique ou à l’origine des élèves entreraient inconsciemment en jeu. Une situation que les enquêteurs ont pu constater des deux côtés de la frontière linguistique.

"L'origine des élèves influence encore la manière d'appréhender leur accompagnement et leur orientation. Et cela entraîne des différences d'opportunités entre les élèves ayant pourtant des capacités comparables. Nous ne pouvons plus accepter cela", a déclaré Patrick Charlier, directeur d’Unia.

L’enquête a également démontré que les élèves issus de milieux défavorisés avaient plus de chances d’obtenir une attestation B ou C que leurs compagnons de classe financièrement mieux lotis. Dans les écoles d’"élite", ce contraste est encore plus spectaculaire.

A noter que les élèves qui obtiennent une attestation B atterrissent plus souvent dans des orientations qui les préparent moins bien à l’enseignement supérieur.