Le parquet requiert 20 ans de prison à l'encontre de Salah Abdeslam

Le procureur fédéral Kathleen Grosjean a requis lundi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles une peine de 20 ans de prison à l'encontre des prévenus Salah Abdeslam et Sofien Ayari, pour tentatives d'assassinats terroristes sur des policiers, le 15 mars 2016 à Forest. L'intention ne fait pour elle aucun doute. "Les trois occupants n'ont pas été surpris par la police, ils ont décidé d'attendre l'ouverture de la porte et de tirer."

Le parquet indique que les prévenus doivent être considérés comme co-auteurs, même si l'un d'entre eux - Salah Abdeslam selon le procureur - n'a pas tiré sur les policiers puisqu'il n'y avait que deux fusils dans l'appartement.

"Les trois hommes n'ont pas été surpris par les policiers, qui étaient reconnaissables et se sont annoncés. Ils adhèrent tous les trois aux idées et au projet de l'Etat islamique. Ils se sont répartis les tâches, ils ont décidé ensemble d'un plan d'attaque, de se taire, de ne pas fuir, d'attendre que la porte s'ouvre pour directement ouvrir le feu sur les agents. Ils ont ensuite décidé de laisser Belkaïd sur place - parce qu'il était blessé - pour résister au maximum aux policiers", a souligné le procureur, ajoutant qu'elle ne croyait pas à l'explication de Sofien Ayari selon laquelle lui et Salah Abdeslam avaient fui dans un mouvement de panique.

"Ils avaient parfaitement conscience qu'ils allaient tenter de commettre des assassinats." Salah Abdeslam et Sofien Ayari sont partis avec une arme et un GSM, mais "ils étaient tous les trois prêts à mourir en martyrs".

La représentante du ministère public a aussi relevé que les faits s'étaient déroulés dans un quartier densément peuplé, qualifiant le fait qu'il n'y ait pas eu de victime de "miracle".

Le procureur a enfin rappelé le contexte traumatisant pour la population dans lequel les faits s'étaient inscrits, quelques mois après les attentats de Paris. Elle a également requis une période de sûreté de 13 ans et une déchéance des droits civils et politiques des prévenus.

Reprise ce jeudi

Le procès se poursuivra jeudi, et non mardi comme prévu initialement. Me Sven Mary, conseil de Salah Abdeslam, avait demandé un certain délai afin de pouvoir étudier le réquisitoire et préparer sa défense avec son client qui est incarcéré dans le nord de la France.

Il a été décidé d'éviter de faire revenir le tribunal pour les plaidoiries restantes de parties civiles mardi matin, ce qui permettra d'économiser un important déploiement de mesures de sécurité pour quelques heures seulement. Me Mary, qui n'a pas fait de commentaire à la sortie de la salle où l'attendaient des dizaines de caméras, plaidera lui jeudi après-midi.

Le président du tribunal de première instance Luc Hennart, qui a été régulièrement aperçu en train de se démultiplier aux quatre coins du palais ces derniers jours pour assurer la préparation de ce procès "hors normes", a salué une décision "rationnelle" et qui permettra à l'édifice de retrouver une ambiance plus normale dès mardi.