Tueurs du Brabant : 800 nouvelles informations, la capacité d’enquête triplée

La capacité d'enquête dans l'affaire des Tueurs du Brabant passe de onze à trente unités, a annoncé mardi en commission de la Chambre le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V). Depuis que l'affaire a connu fin de l'année dernière une nouvelle évolution avec un témoignage renvoyant à un ancien gendarme, Christiaan Bonkoffsky, présenté comme le potentiel 'géant' de la bande des tueurs, les canaux d'information se sont multipliés. 800 informations ont été recueillies via différents canaux dont 470 ont été jugées "dignes d'attention", a indiqué le ministre.

Koen Geens proposera au gouvernement une modification de la loi du 1er août 1985 de sorte que la commission d'aide financière aux victimes puisse reconnaître un dommage lorsqu'une enquête judiciaire s'éternise. Il s'agira de reconnaître un préjudice exceptionnel qui serait le résultat du fait d'être resté longtemps dans l'incertitude en raison de l'absence d'éléments sur les motifs et l'identité des auteurs.

Cette évolution permettrait de prendre en charge des "frais anormaux" pendant une telle période tels que ceux inhérents à une thérapie.

Enfin, le ministre de la Justice a annoncé une "fédéralisation" de l'enquête. Charleroi n'est pas pour autant dépossédée du dossier mais l'enquête se déroulera de façon "plus intégrée" sous la férule de deux magistrats du Parquet fédéral.

Quatre enquêteurs du Comité P sont eux chargés de l'enquête sur l'enquête, à savoir la vérification de pistes selon lesquelles d'anciens gendarmes ou enquêteurs ont pu sciemment porter atteinte à l'enquête. Le ministre a indiqué que parmi les informations reçues "un certain nombre, intéressantes à exploiter, renvoient à d'anciens gendarmes".

Relayant l'expertise des magistrats, le ministre a fait part de son opposition à ce qu'une enquête historique soit menée en parallèle de l'enquête judiciaire. Plusieurs députés avaient eux relayé cette demande d'historiens se basant sur la réussite des enquêtes de ce type dans les affaires Lahaut et Lumumba.

Mais ces enquêtes historiques ont été menées alors que les enquêtes judiciaires étaient closes; il y a encore huit années d'ici la prescription dans l'affaire des Tueries, a fait observer Koen Geens.