Scandale sexuel chez Oxfam: 180 Belges suspendent leur donation

Les scandales qui touchent l’ONG Oxfam, basée en Grande-Bretagne, a des répercussions dans notre pays. Une petite partie des donateurs a en effet entrepris de suspendre son soutien financier à Oxfam Belgique. La branche belge de l’organisation a indiqué qu’elle comptait désormais accentuer le contrôle de ses collaborateurs.

Oxfam comptait jusqu’ici environ 150.000 donateurs. La moitié d’entre eux offrent un soutien financier mensuel à l’ONG. Mais depuis la découverte de graves dysfonctionnements et d'abus sexuels commis par certains de ses personnels à Haïti, au Tchad et au Sud Soudan, 180 personnes ont décidé de couper leurs versements.

"Nous avons immédiatement communiqué l’information à nos membres. Certains d’entre eux nous ont signifié qu’ils comptaient tout de même continuer à nous soutenir", a indiqué le secrétaire général Stefaan Declercq. D’après ce dernier, la transparence est aujourd’hui plus que jamais de mise. "Nous devons porter plus d’attention lors des procédures de recrutement, et mieux contrôler les références et les antécédents des candidats".

Le scandale chez Oxfam a entrainé la démission lundi de la directrice générale adjointe d'Oxfam, Penny Lawrence, et mardi soir, l'actrice et chanteuse britannique Minnie Driver, nommée au Oscars, a annoncé sa démission de son rôle d'"ambassadrice" d'Oxfam, première célébrité à claquer la porte.

Le Belge épinglé en Haïti déjà remarqué au Liberia

Cible de plusieurs accusations, le Belge Roland van Hauwermeiren, ancien collaborateur d'Oxfam dont le recours à des prostituées lors d'une mission en Haïti a récemment été mis au jour, avait déjà fait l'objet de remarques et de plaintes précédemment, pour des faits similaires, alors qu'il travaillait pour une autre association. L'information est rapportée mardi par le site Irin News, et fait l'objet mercredi d'une enquête dans les pages du journal britannique The Times, qui y consacre même sa Une.

Les faits rapportés remontent à 2004, époque à laquelle le Belge travaillait pour l'ONG britannique Merlin, qui a depuis fusionné avec Save the Children. L'homme travaillait pour Merlin au Liberia, pays alors chamboulé par les suites d'une violente guerre civile. Il y était "country manager" pour l'organisation caritative, écrit The Times.

Différents épisodes y sont rapportés, lors desquels le travailleur humanitaire belge aurait parcouru la ville avec un petit groupe pour aller chercher de jeunes prostituées. Il utilisait régulièrement, à cette fin, les moyens de transport et chauffeurs embauchés par Merlin sur place pour faciliter les opérations humanitaires de l'équipe, selon le témoignage.