Vous optez pour une chambre individuelle ? Alors c’est le professeur qui vous opère

L’UZ Leuven est accusé de pratiquer une médecine de classe après la révélation par le quotidien De Morgen d’une lettre adressée aux patients devant subir une opération. Pour les patients en chambre individuelle, l’hôpital universitaire garantit que l'intervention sera entièrement réalisée par le professeur lui-même. Pour les patients en chambre de plusieurs personnes, certaines parties de l'intervention peuvent être réalisées par un assistant.

L’hôpital universitaire de Louvain (Brabant flamand) a réagi en affirmant que cette lettre n’était pas conforme à la politique générale de l’UZ Leuven et souligne que chaque patient peut compter sur le même traitement de haute qualité.

La lettre en question a été rédigée par le département d’ophtalmologie de l’UZ Leuven à un patient qui devait subir une opération aux yeux. On lui écrit ainsi que "pour les patients en chambre individuelle, on garantit que l'intervention sera entièrement réalisée par le professeur lui-même. Pour les patients en chambre de plusieurs personnes, par contre, certaines parties de l'intervention pourront être réalisées de manière qualitative par un collègue du membre du corps enseignant, un assistant en formation ou un ophtalmologue consultant- sous la supervision du membre du staff."

La plateforme flamande des patients déclare que ce n'est pas la première fois que le contenu d’une telle lettre est révélé à l’UZ Leuven. Pour Ilse Weeghmans,  "la qualité des soins dépend donc du portefeuille du patient".

Dans le quotidien De Morgen le spécialiste de l'économiste de la santé Lieven Annemans dénonce une "forme de médecine de classe".

"Ce n'est pas déontologique et au fond c'est une forme de médecine de classes. Ils peuvent dire que les assistants font du aussi bon boulot, ce qui n'est pas faux. Mais ce que ça cache, c'est que ces médecins peuvent compter des suppléments plus élevés pour une chambre seule. Une partie de cet argent va d'ailleurs à l'hôpital. Ils ont donc également intérêt à mettre un maximum de patients en chambre seule."

De son côté, le professeur Marc Decramer (photo), administrateur délégué de l’UZ Leuven nie que son hôpital pratique la médecine de classe. "La règle générale dans notre hôpital est claire: les médecins ne peuvent facturer de suppléments de prix pour les chambres individuelles que si le même service est offert au patient dans une chambre à plusieurs personnes avec la même qualité et la même garantie de sécurité.

Le professeur Decraemer ajoute que les professeurs ne s’occupent pas seulement des patients en chambre individuelle. Le choix de ce que fera un assistant ou un collaborateur dépendra de la complexité de l’opération. Si les éléments sont complexes ce sera un professeur qui opérera si c’est une opération moins complexe ce sera un assistant. Il est vrai cependant que lorsqu’il s’agit d’un patient en chambre individuelle, c’est le professeur lui-même qui s’occupe, en principe, de tous les éléments de la procédure. Mais cela conduit en fin de compte au même résultat.

La ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) est formelle : "Ces pratiques sont illégales. Le parquet pourrait prendre des sanctions".