Le MSK déplore l’arrêt de l’expertise des œuvres avant-gardistes russes

La direction du Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK) se dit " très surprise " de l'arrêt des recherches sur les œuvres controversées des avant-gardistes russes et déplore cet état de fait. C'est ce qu’a déclaré la directrice Catherine de Zegher. "Seule une étude scientifique internationale intensive pourrait apporter toute la clarté".

L'affaire avait pris de l'ampleur en Flandre ces derniers jours et le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz (Open VLD), avait annoncé jeudi  la mise sur pied conjointe avec la Ville de Gand et le Musée des Beaux-Arts (MSK) d'une commission d'experts qui devait se pencher sur l'authenticité d'œuvres issues d'une collection russe.

Les œuvres ont été depuis retirées du MSK mais le comité d'experts a été dissous par le ministre Gatz et le président du comité Thomas Leysen lundi, soit un jour seulement après le début de son travail. Les avocats du couple russe avaient fait des demandes que le comité ne pouvait accepter. Par exemple, il fallait expliquer pourquoi il y avait des doutes sur certaines œuvres. "Soit le monde à l'envers", selon le ministre Gatz.

"Au départ, l’intention était de réaliser d’abord une expertise matérielle et technique" a déclaré la direction du MSK.

Dans ce type d’expertise la composition chimique de la peinture est analysée. C’est une enquête objective parce qu’elle permet de dater la peinture. Ces observations auraient ensuite été complétée par une enquête d’histoire de l’art.

Mais l’accord nécessaire pour le début de l’expertise n’avait toujours pas été signé lundi alors que toutes les parties concernées le MSK, la ville de Gand, la fondation Dieleghem et l'administration de la culture - avaient donné leur feu vert.

Le MSK avait demandé que la commission d’expertise soit composée d’experts de renommé internationale qui n’avaient pas fait de déclaration sur l’authenticité des œuvres afin d’éviter tout parti pris.

Lundi, cependant, le ministre Gatz contre toute attente prenait la décision de débrancher la prise. "Nous avons été très surpris", a déclaré Catherine de Zegher à l’agence Belga. "C'est dommage que cela se passe ainsi alors que nous avions eu tant de succès avec notre rénovation".

Le MSK répète qu’il a été très consciencieux dans le choix des œuvres et espère encore qu’une expertise sera possible. Cela se produit aussi dans d’autres musées et certainement avec des œuvres d’avant-garde pour lesquelles il faut redoubler de prudence".

Mais le musée ajoute qu'il n'est pas financièrement possible d'effectuer des expertises techniques sur chaque œuvre d'art avant de l'exposer. Le MSK a toutefois décidé de mettre fin à l'emprunt de ces œuvres. Les tableaux seront restitués à la Fondation Dieleghem et au couple Toporovski.

La Fondation Dieleghem va vérifier elle-même l'authenticité des œuvres, mais on ne sait pas encore de quelle manière. La question de savoir si ces œuvres sont authentiques ou non reste donc jusqu’à présent sans réponse.