Les villes flamandes pas favorables à l'arrestation de sans-abri

Dix sans-abri ont été arrêtés administrativement, dans la nuit de lundi à mardi, pour éviter qu’ils ne passent la nuit dehors. Vincent De Wolf (MR), le bourgmestre d'Etterbeek, a décrété dimanche une ordonnance de police qui impose l'arrestation administrative des sans-abri qui refuseraient d'intégrer les hébergements d'hiver. En Flandre, cet accueil se fait sur base volontaire et cela fonctionne plutôt bien.

"Le bourgmestre est légalement obligé de garantir la sécurité et d'offrir de l'aide aux personnes dans le besoin", précise la commune bruxelloise. Cette mesure exceptionnelle est prise alors que des températures pouvant descendre jusque -10 degrés sont annoncées pour les jours à venir.

"Les sans-abri qui resteraient dehors dans ces conditions risquent de tomber en hypothermie et même de mourir de froid", explique le bourgmestre De Wolf. "L'ordonnance de police permet, dans les cas d'absolue nécessité, de protéger les SDF qui se mettraient eux-mêmes en danger en refusant l'hébergement par une arrestation administrative. Chaque sans-abri devra être conduit dans une salle chauffée de la commune. Un médecin sera consulté afin de déterminer si l'état de santé de la personne la mettrait en danger si elle retourne à l'extérieur. Selon l'avis du médecin, elle pourra être gardée à l'intérieur jusqu'à l'aube suivante."

L'ordonnance de police sera en vigueur entre 20h et 7h, et ce jusqu'au 8 mars. Si les conditions climatiques devaient demeurer en l'état, la mesure pourra être prolongée. Les dix personnes arrêtées administrativement ont donc passé toute la nuit à l’abri.

En Flandre, l'accueil des sans-abri se fait sur base volontaire

"Dans les villes et communes flamandes l'accueil des sans-abri se fait sur base volontaire et cela fonctionne plutôt bien". C'est ce qu'a déclaré Wim Dries de l'association flamande des villes et communes.

"Ce n'est que dans des situations exceptionnelles, avec des malades ou des enfants, que tous les moyens seront mis en œuvre pour accueillir ces personnes. Mais pour le moment, nous ne connaissons pas d'arrestation administrative en Flandre".

Toutefois Wim Dries insiste sur le fait que les communes doivent pouvoir décider elles-mêmes de la manière dont elles veulent s'attaquer aux problème de l'accueil des sans-abri.

"La semaine dernière, nous avons appris qu'à Bruxelles, plus de 600 personnes avaient difficilement accepté d'être hébergées. Il est donc compréhensible que chaque bourgmestre s'efforce de s'assurer, à sa façon, que des sans-abri soient malgré tout pris en charge".

Mais en Flandre nous ne connaissons pas vraiment de situations similaires. L'an dernier il y a eu un ou deux endroits seulement où cela a posé quelques difficultés mais en fin de compte cela s'est toujours produit volontairement. J'ai donc le sentiment que l'accueil sur base volontaire fonctionne toujours bien en Flandre et nous continuerons à le faire de cette manière" a conclu Wim Dries.