Jeroen Piqueur doit rembourser 20 millions d’euros

L’ancien patron de la banque gantoise en faillite Optima, doit satisfaire la garantie de 20 millions d’euros aux curateurs. C’est ce qu’a décidé le tribunal de première instance de Gand ce jeudi. Piqueur (photo) s’était porté garant pour cette somme en 2014, en tant qu’actionnaire principal du groupe Optima, mais a refusé de la verser à la suite de la faillite, prononcée en juin 2016. La défense de Piqueur estimait qu’il n’y était pas tenu, la faillite ayant été provoquée par la Banque nationale de Belgique.

En novembre 2014, la Banque nationale réclamait que Jeroen Piqueur libère 20 millions d’euros de son propre patrimoine pour le cas où la banque Optima ferait faillite. A la suite de la faillite, le 15 juin 2016, Piqueur refusait de payer ce montant. Selon lui, cette garantie devait servir dans le cadre du démantèlement de la banque et il ne devait dès lors pas respecter son engagement car la faillite a été provoquée par la Banque nationale de Belgique (BNB).

Un enregistrement vidéo que la BNB a réalisé en 2014 et dans lequel Jeroen Piqueur accepte le principe de la garantie de 20 millions d'euros démontre, selon son avocat, que celui-ci ne serait pas d'application en cas de faillite. La vidéo en question montrerait un entretien entre le gouverneur Luc Coene et son futur successeur Jan Smets d'une part, et Jeroen Piqueur, Luc Van den Bossche (le précédent président du comité de direction) et Danny De Raymaeker (l'ancien CEO) pour la banque Optima, d'autre part.

Lors de cette rencontre à la BNB le 24 novembre 2014, la Banque nationale a exigé une garantie de l'actionnaire principal pour assurer le règlement des activités bancaires. "Il y avait une contrainte psychologique de la part du gouverneur. Mon client devait signer ou bien un commissaire spécial venait" chez Optima, a raconté Me Van Obberghe.

Jeroen Piqueur "a commis des erreurs stratégiques et commerciales mais pas en matière de responsabilité. Optima n'aurait pas dû être déclarée en faillite. La vidéo et l'échange de lettres de la Banque nationale confirment que la garantie est éteinte ou qu'elle ne concerne que le règlement des activités bancaires. Elle a en outre été remplacée par une convention de gage pour des parts de Global Investment de 33 millions d'euros".

Le curateur Matthias Gesquière a, de son côté, constaté que "la déclaration unilatérale de volonté » (de Piqueur) était "très clairement écrite". "Il est indiqué qu'il doit s'engager pour 20 millions d'euros, indépendamment d'une procédure de faillite'", a-t-il souligné. Jeroen Piqueur a, de plus, été fortement dédommagé pour cet engagement, a poursuivi le curateur. "Il a ainsi reçu 600.000 euros directement dans la poche en contrepartie. Le film sur les discussions à la Banque nationale n'est pas du tout complet et la défense fait violence à la vérité. Nous n'avons d'ailleurs assigné la BNB que pour la sollicitation de dépôts."

L’épouse de Piqueur avait déjà tenté de faire casser cet engagement de garantie par le tribunal de la famille, étant donné qu’une partie des 20 millions d’euros provenait d’elle. Le tribunal n’avait pas accepté cet argument.

Nicolas Maeterlinck