La précarité énergétique frappe un ménage belge sur cinq

Si l’on en croit le dernier baromètre de la Plateforme contre la précarité énergétique, se rapportant à l’année 2016, un ménage belge sur cinq vit toujours en précarité énergétique, malgré la baisse des prix du mazout et du gaz naturel. Les personnes isolées et les familles monoparentales restent les plus touchées par l’incapacité de couvrir leurs besoins en énergie.

En 2016, quelque 14,5% des ménages belges étaient confrontés à une facture énergétique trop élevée par rapport à leur revenu disponible, déduction faite du coût du logement (précarité mesurée), tandis que 3,8% consommaient trop peu d'énergie pour couvrir leurs besoins de base (précarité cachée) et 4,9% craignaient de ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur habitation (précarité subjective).

Au total, 21,2% des ménages étaient donc frappés par l'une des trois formes de précarité énergétique. "Ce pourcentage reste stable au fil des années", note la Plateforme contre la précarité énergétique, gérée par la Fondation Roi Baudouin. "Depuis 2009, la précarité énergétique n'a guère évolué, et ce bien que les prix du gaz naturel et du mazout aient nettement baissé, surtout de 2014 au premier semestre 2016".

Les personnes isolées, plus particulièrement les femmes, et les familles monoparentales restent les plus touchées. "Alors que 4,7% des couples vivent en situation de précarité énergétique mesurée, 28% des isolés et 18,6% des familles monoparentales sont confrontés à cette situation", détaille la Plateforme.

Selon les Régions, la situation varie

Des disparités existent également entre les différentes Régions du pays. La précarité énergétique est nettement plus importante en Wallonie, où 20,4% des ménages connaissent une précarité énergétique mesurée contre 13,4% à Bruxelles et 11,4% en Flandre.

"Cela peut s'expliquer, notamment, par le niveau de revenus, mais aussi par la taille et la qualité des logements", précise la Plateforme. Il ressort par ailleurs du baromètre que les publics concernés par la précarité énergétique indiquent plus souvent souffrir de problèmes de santé. Si 8,8% de l'ensemble de la population déclare être en mauvaise ou très mauvaise santé, ce pourcentage s'élève à 19,4% pour les personnes en situation de précarité énergétique mesurée.

Pour lutter contre cette forme de pauvreté, la Plateforme contre la précarité énergétique a déjà formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles la simplification des factures énergétiques par les fournisseurs et l'isolation des logements sociaux. Quelque 6.000 ménages ont participé à l'enquête.