La Belgique ne peut expulser un combattant en Syrie condamné

Plusieurs médias flamands annoncent ce vendredi qu’un juge a interdit l’expulsion d’un combattant en Syrie condamné vers son pays d’origine, le Maroc. Il risquerait en effet d’y être torturé. Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (photo), s’en est indigné dans un petit film qu’il a placé sur Facebook : "Que dois-je faire avec les combattants en Syrie ?".

L’homme faisait partie de la cellule de Khalid Zerkani, le plus grand recruteur de djihadistes du pays selon le parquet fédéral. Il avait comparu, avec Zerkani et 29 autres suspects, en 2015 à Bruxelles et a été condamné à cinq ans de prison. Il avait voyagé en Syrie en septembre de cette année-là.

L’homme - qui a une épouse et cinq enfants - a été libéré en juin 2017 de prison. Comme il a la nationalité marocaine, l'Office des étrangers voulait lui retirer son permis de séjour et le renvoyer au Maroc, en se basant sur sa condamnation et sur l'avis de l'Ocam (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) qui le considère comme dangereux.

Mais la Belgique ne peut pas le renvoyer au Maroc pour le moment. Le Conseil du contentieux des étrangers a en effet suspendu la décision de l'Office en extrême urgence, parce que l'Office des étrangers n'a entrepris aucune démarche pour obtenir la garantie que l’ancien combattant en Syrie ne subira pas de traitements inhumains à son retour.

C'est une violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, estime le Conseil.

Le Secrétaire d’Etat Theo Francken a réagi sur Facebook : "Que dois-je donc faire avec ces combattant en Syrie ? A terme, je ne le sais plus. Les instances judiciaires rendent les choses difficiles pour mener une politique efficace".