De moins en moins de vétérinaires veulent travailler pour l’Afsca

Les vétérinaires indépendants qui acceptent d'effectuer des inspections dans des entreprises de viande pour le compte de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire se raréfient, a constaté la VRT. Ils sont en effet principalement agacés par des indemnités trop faibles, une pression du travail en hausse et un communication insuffisante de la part de cet organisme fédéral. Dans une réaction obtenue par la VRT, l'administrateur délégué de l'Afsca, Herman Diricks, a rejeté cette critique. "Nous n’imposons pas aux vétérinaires une façon de contrôler", affirme-t-il.

Alors que le scandale autour de l’entreprise de découpe de viande Veviba, à Bastogne, fait toujours des remous, il apparait maintenant aussi que le nombre de vétérinaires indépendants qui acceptent de faire encore des contrôles dans des entreprises de viande pour le compte de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) est en baisse. Les vétérinaires se plaignent notamment de ne gagner que 44 euros brut par heure lors des contrôles.

"L'indemnité pour des personnes qui jouent un rôle crucial dans le contrôle de notre alimentation est tout simplement inadéquate", déplore Ludo Muls (photo), secrétaire de la Fédération de vétérinaires flamande IVDB, qui représente près de 900 indépendants. "Les inspections dans les entreprises de viande se produisent à des heures variables, pendant la journée, la nuit ou le week-end", explique-t-il. "Et tout cela à un seul et même tarif. Des heures supplémentaires dues à de la paperasserie? Des kilomètres en plus à prendre en charge? Dommage, car cela n'est pas remboursé. C'est à cause de cela que les jeunes collègues n'acceptent plus de réaliser ce genre d'inspections. Tôt ou tard, l'Afsca sera confrontée à un vide et la qualité des contrôles en souffrira alors indubitablement."

Un autre problème réside dans la rupture de confiance entre les vétérinaires et l'Agence, que redoute Ludo Muls. "Il y a parfois un sentiment que les inspections au sein des grandes entreprises de transformation de la viande ne sont pas effectuées de manière optimale", poursuit-il, reconnaissant l'importance d'une telle affirmation. "L'Afsca n'est pas encline à rapidement fermer de grands abattoirs car c'est alors une énorme machine industrielle qui est soudainement ralentie", analyse encore le secrétaire de l'IVDB.

"Si les inspecteurs vétérinaires sont un peu trop zélés, il existe la possibilité qu'ils reçoivent moins de missions - et donc moins d'indemnités - le mois suivant." Ce qu'il advient des constats tirés par les vétérinaires n'est pas toujours très clair, constate encore Ludo Muls. "Plus on fait de signalements, moins on nous croit", dit-il. "C'est démotivant. Nous demandons depuis des années un dialogue sur le sujet à la direction mais je n'ai, jusqu'à présent, encore jamais rencontré Herman Diricks, l'administrateur délégué de l'Asfca."

La VRT a également eu des échos similaires de la part de plusieurs membres de l'Ordre des vétérinaires, qui ont souhaité rester anonymes.

Le directeur de l’Afsca réagit

Dans une réaction au service public flamand de radiotélévision, Herman Diricks (photo) a soutenu que de nombreux vétérinaires travaillent correctement pour l'Afsca. "Il n'est pas exact de dire que nous leur expliquons comment ils doivent travailler", a-t-il souligné.

"Je pense que Ludo Muls se représente surtout lui-même", critique Diricks. Il affirme qu’il y a régulièrement des moments de concertation, un réseau de communication interne et la possibilité de suivre des formations.

Herman Diricks plaide également en faveur d’une plus grande collaboration avec la justice. "Lorsqu’il s’agit d’une fraude bien organisée, nous avons besoin de l’aide de la justice. Un juge d’instruction dispose de moyens que nous n’avons pas". Une collaboration existe déjà, mais elle doit être élargie estime le patron de l’Afsca.

"L’Agence effectue des contrôles de routine. Il y a aussi une unité de détection nationale, mais elle ne dispose pas non plus des moyens que possède la justice".