"Droguer sa victime avant un viol doit constituer une circonstance aggravante"

Après le viol collectif commis le week-end dernier dans un hôtel d’Anvers, une députée membre de l’Open VLD estime que l’administration d’une drogue avant un viol doit constituer une circonstance aggravante. La député Carina Van Cauter a déposé une proposition de loi qui aggrave la peine de 5 ans dans un tel cas.

Après une sortie en discothèque à Anvers, deux jeunes femmes de nationalité néerlandaise ont été abusées sexuellement dans un hôtel de la métropole après probablement avoir été droguées.

Quatre jeunes hommes de nationalité belges ont été arrêtés dans cette affaire. "Les deux jeunes femmes ont sans doute été étourdies avec du rohypnol. C’est un comportement inacceptable et criminel" a déclaré Carina Van Cauter.

La député libérale souligne que l’utilisation d’un stratagème , d’une contrainte ou d’une surprise n’est punissable que depuis 2016 lors d’un viol. Les suspects devront donc non seulement répondre du viol mais aussi de l’étourdissement. Toutefois l’administration d’une drogue ne constitue pas encore actuellement une circonstance aggravante en vue de déterminer le degré de la peine.

Actuellement les auteurs risquent une peine d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans pour atteinte à la personne et de 5 à 10 ans pour viol. "Le projet de loi que j’ai préparé vise à apporter des changements en ce domaine" ajoute la députée de Flandre orientale. Si le viol se produit avec de telles circonstances aggravantes, l'auteur risquera alors de 10 à 15 ans d'emprisonnement.

Selon Carina Van Cauter, 11.267 dossiers d'abus sexuels ont été ouverts devant les tribunaux l'an dernier. "C’est une augmentation de 15 % par rapport à 2016", ajoute-t-elle. Il s'agit de 4.157 cas de viols, de 3.986 d’atteintes à la personne et de 345 cas de voyeurisme.

Carina Van Cauter est vice-présidente de la commission spéciale ‘abus sexuels’ qui a commencé ses travaux le 10 novembre 2010.