Pourquoi remplacer nos F-16 si leur durée de vie peut être prolongée ?

Une étude du géant américain de la défense Lockheed Martin indique que la durée de vie des F-16 peut être prolongée de six ans, contrairement à ce qui a toujours été dit par la Défense qui a entrepris de les remplacer. L’information est révélée par plusieurs journaux ce lundi. L’étude a aussi été consultée par la rédaction de la VRT.

La firme américaine Lockheed Martin a remis le 26 avril 2017 à la Défense l'étude en question, consultée par le PS et SP.A. Cette étude répond à une demande spécifique de la force aérienne belge, écrivent les quotidiens.

On y lit que "l'avion moyen peut voler au ­delà des 8.000 [heures de vol]. (...) En moyenne, l'avion peut rester en service pendant six ans de plus". Cela signifie que les F­-16 peuvent être retirés de la circulation, non pas à partir de 2023, mais à partir de 2029. Soit au moment où ils avoisineront les 9.500 heures de vol.

Le gouvernement a enclenché une longue procédure de remplacement des F­-16 parce que ceux­-ci arriveront normalement en fin de vie entre 2023 et 2029, au moment où ils atteindront les huit mille heures de vol, qui représentent une durée du vie théorique.

Selon le PS, le coût de la prolongation serait limité à 1 milliard d'euros. Le PS et le SP.A demandent de suspendre la procédure de remplacement des F-16 et d'envisager sérieusement leur prolongation.

"Si le rapport est correct, c'est un nouvel élément" (député Open VLD)

"Je souhaite attendre l'analyse du rapport. Mais si ce rapport devait être correct, alors nous serions confrontés à de nouveaux faits qu'il nous faudrait prendre en compte", a réagi, mardi à la VRT, le député Tim Vandeput, spécialiste défense de l'Open VLD au parlement.

Le député Tim Vandeput n'a pas connaissance de l'existence de cette étude mise au jour mardi par la presse. Il demande que le parlement soit informé au plus vite. Et si ce rapport est resté dans le giron de l'armée, il sera opportun de se demander pourquoi il n'a pas été transmis au ministre de la Défense, précise-t-il.

La grande muette reste silencieuse

La Défense ne souhaite pas réagir à ce stade aux informations de presse selon lesquelles elle a commandé auprès du constructeur américain Lockheed Martin une étude dont les conclusions permettent la prolongation, à coûts limités, des F-16 opérationnels en Belgique.

"C'est prématuré", a-t-elle indiqué mardi, invitée à réagir.

Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) a affirmé mardi matin ne pas être au courant de l'existence d'une telle étude. Il a admis que si elle existait et que son contenu était avéré, "il y avait un problème". A la manœuvre dans le cadre de la procédure de sélection de nouveaux avions de chasse en remplacement des F-16, le ministre N-VA avait toujours nié l'existence d'une telle étude.

Une enquête sur l’étude

Le Premier ministre, Charles Michel (MR), a demandé au ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), qu'une enquête soit menée au sein du département afin de savoir qui a commandé l'étude sur la possibilité de prolonger les F-16 et qui en connaissait l'existence, a-t-on appris dans l'entourage du Premier ministre.

Le ministre de la Défense a indiqué de son côté au chef du gouvernement que ni lui, ni son cabinet n'était au courant de cette étude. Il s'expliquera mardi à 14h en commission de la Défense de la Chambre.