La Commission accroit la protection des travailleurs contre le cancer

La commissaire européenne à l’Emploi et aux Affaires sociales, la Belge Marianne Thyssen (photo), veut limiter l’exposition des travailleurs dans l’Union européenne à cinq agents chimiques cancérigènes, en plus des 21 substances qui ont déjà fait l’objet d’une limitation ou d’une proposition de limitation depuis le début de son mandat en 2014. Le cancer représente en effet la plus grande cause de danger pour la santé au travail en Europe. Plus de la moitié des décès liés au travail sont causés par un cancer.

L'exécutif européen a proposé jeudi d'inclure dans l'actuelle directive sur les agents cancérigènes ou mutagènes de nouvelles valeurs limites d'exposition pour le cadmium, le béryllium, l'acide arsénique, le formaldéhyde et la 4,4'-méthylènebis. Ces substances se retrouvent entre autres dans les secteurs des matières plastiques, des travaux du bâtiment et de la construction, ou encore dans ceux du verre, de l'électronique ou de la chimie.

Les nouvelles valeurs d’exposition revues à la baisse devraient permettre d’éviter quelque 22.000 maladies liées au travail, estime la Commission.

Les valeurs d'exposition proposées par l'exécutif européen définissent le niveau maximal de concentration d'un agent chimique cancérigène dans l'air ambiant sur le lieu de travail. Cette troisième révision de la directive "permettra d'améliorer la protection de plus d'un million de travailleurs en Europe et contribuera à rendre le lieu de travail plus sain et plus sûr, ce qui est un principe clé du socle européen des droits sociaux", a indiqué la commissaire européenne à l'Emploi, Marianne Thyssen.

C’est un pas dans la bonne direction, estime Kris Van Eyck du syndicat chrétien ACV, qui suit le dossier. "Mais cela va trop lentement. On sait qu’en Europe quelque 100.000 travailleurs meurent chaque année d’un cancer lié à leur travail. Une étude scientifique a été menée à ce sujet et les chiffres ne sont pas contestés. En Belgique, il y a entre 2.500 et 5.000 travailleurs qui décèdent chaque année d’un cancer lié à leur emploi. C’est donc un véritable problème".