La Belgique honore ses militaires morts en opérations à l’étranger

Le pays a rendu hommage à ses 252 militaires morts depuis 1945 au service de la paix dans le monde - dans des conflits, des opérations de maintien de la paix ou des interventions en Afrique - lors d'une cérémonie célébrée samedi à Bruxelles (photo archives). Le 7 avril reste un jour symbolique pour la Belgique qui vit, il y a 24 ans maintenant, dix de ses para-commandos tués au Rwanda.

Une cérémonie solennelle s'est déroulée à la colonne du Congrès, qui abrite la tombe du soldat inconnu à Bruxelles, en présence de représentants du gouvernement fédéral - le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA) - et de la Fédération Wallonie-Bruxelles - le ministre du Budget, André Flahaut (PS), ex-ministre de la Défense -, de la Chambre et du Sénat, sous la présidence du représentant du roi Philippe, le général-major Thierry Vandeveld.

Ces représentants des autorités ont déposé des gerbes de fleurs, tout comme ceux de nombreuses associations patriotiques et de vétérans alors que les noms des 252 militaires étaient égrenés. La date du 7 avril a été choisie comme "journée des vétérans" par le gouvernement en 1998 à la mémoire des dix para-commandos assassinés à cette date en 1994 au Rwanda, alors qu'ils servaient au sein de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), au tout début du génocide qui a fait quelque 800.000 morts selon l'ONU - "plus un million" selon les autorités de Kigali.

Cette journée nationale honore les 252 militaires belges décédés en mission à l'étranger, depuis la guerre de Corée jusqu'au décès d'un officier lors d'un attentat au Mali. Le plus gros contingent de victimes date de la guerre de Corée. En un peu plus de deux ans de combats (du 6 mars 1951 à l'armistice du 27 juillet 1953), 101 Belges sont décédés, cinq ont été portés disparus et 478 ont été blessés durant le seul conflit armé de la Guerre froide, selon un bilan dressé par la Fraternelle du corps de Volontaires pour la Corée (FCVC).

Le ministère de la Défense parle pour sa part de dix disparus, pour l'identification desquels la Belgique a signé un protocole d'entente avec Séoul. D'autres militaires sont décédés en Afrique dans les troubles qui ont suivi l'indépendance du Congo, du Rwanda et du Burundi, en mer Rouge (un marin tombé à l'eau avant une mission de déminage du Golfe persique), en Somalie, au Rwanda et en ex-Yougoslavie.

La dernière victime en date est le lieutenant-colonel Ronny Piens décédé dans un attentat djihadiste en mars 2015 à Bamako, la capitale du Mali.

Le War Heritage Institute (WHI), l'organisme public chargé de valoriser le patrimoine militaire belge, la mémoire des conflits armés sur le sol belge ou impliquant des Belges à l'étranger, a pour sa part choisi cette "journée des vétérans" pour présenter son nouveau documentaire audiovisuel "Journal de Campagne. Témoignages de Vétérans d'ex-Yougoslavie", qui retrace les dix-huit ans (1992-2010) de présence militaire belge dans les Balkans.