Michael Goolaerts décède d’un arrêt cardiaque sur les pavés du Paris-Roubaix

Le monde du cyclisme est en deuil : le coureur belge, Michael Goolaerts, n’a pas survécu à l’arrêt cardiaque dont il a été victime lors de la 116e édition de la "reine des classiques". Le jeune campinois est décédé dimanche soir à l’hôpital de Lille, où il avait été pris en charge.

Michael Goolaerts prenait part pour la première fois à Paris-Roubaix, sous le maillot de son équipe Vérandas Willems-Crelan. Il a été retrouvé inanimé dans le deuxième des 29 secteurs pavés de la course, près de Viesly, une centaine de kilomètres après le départ de Compiègne.

Sur les images TV, il est au sol, immobile, sans autre concurrent à ses côtés. Le coureur a été réanimé sur place par l'équipe médicale de la course et les services d'urgence avant d'être transporté à l'hôpital universitaire de Lille par hélicoptère.

Yves Thouault, en charge de la sécurité de l'épreuve, a précisé ce lundi que les secours étaient intervenus rapidement sur les lieux. "Nos médecins sont arrivés dans un délai de deux à trois minutes et ont tenté de le réanimer, a-t-il expliqué à l'AFP. Sur ce type de course, ils font les premières interventions puis font appel aux services locaux".

Dans le cas de Goolaerts, les médecins sont restés plusieurs dizaines de minutes auprès du coureur avant l'intervention des pompiers et du Samu, suivie de son transfert au CHU de Lille. L'équipe médicale des courses cyclistes ASO (Tour de France, Paris-Roubaix, etc...) fait notamment appel à des médecins urgentistes, cinq à six pour Paris-Roubaix, et dispose d'ambulances équipées avec défibrillateur et matériel de réanimation.

Tristesse et consternation

"Nous annonçons avec une énorme tristesse le décès de notre coureur et ami Michael Goolaerts", a fait savoir son équipe par communiqué. "Il est décédé le dimanche 8 avril vers 22h40 à l'hôpital de Lille en présence de sa famille et de ses proches, à qui nous adressons actuellement nos pensées de compassion. Il est mort à la suite d'un arrêt cardiaque malgré toute l'assistance médicale dont il a pu bénéficier."

"Il n'y aura pas d'autres communications de l'équipe pour le moment, car nous voulons actuellement donner de la place aux proches de Michael pour faire face à cette perte tragique. Nous vous remercions d'avance de respecter la vie privée de ses proches."

Un palmarès vierge

Michael Goolaerts était passé professionnel en 2014, alors qu'il n'avait même pas 20 ans, dans l'équipe Vérandas Willems. Mais, après un an, il a rejoint la formation espoir de Lotto pour les deux saisons suivantes, avant d'être recruté de nouveau par Vérandas Willems, désormais dirigée par le Belge Nick Nuyens, un ancien vainqueur du Tour des Flandres.

Sans résultat majeur en 2017, le Belge, au gabarit athlétique (1,86 m pour 80 kg) taillé pour les classiques de pavés, avait encore un palmarès vierge de victoire au plus haut niveau. Hormis un succès d'étape, en avril 2016, au Tour du Loir-et-Cher, une épreuve de catégorie inférieure.

Sa dernière course, avant Paris-Roubaix, datait d'une semaine. Il avait pris le départ du Tour des Flandres sans aller jusqu'au bout (abandon). Il s'était toutefois mis en évidence en participant à la première grande échappée du jour pendant cent kilomètres.

Le Campinois comptait à son actif 20 jours de compétition en 2018, un peu plus de 3000 kilomètres en course.

Un précédent en 2016

Le drame rappelle inévitablement le décès d'un autre jeune coureur belge, Daan Myngheer, mort fin mars 2016, à l'âge de 22 ans, après un accident cardiaque survenu en Corse au Critérium international.

Daan Myngheer -coïncidence tragique- avait couru l'année précédente pour Vérandas Willems, l'équipe de Goolaerts. Après s'être senti mal, il avait fait un infarctus dans l'ambulance de la course, un véhicule équipé pour les secours, et avait été transporté à l'hôpital d'Ajaccio où son décès avait été constaté deux jours plus tard.

Condoléances

Les hommages se sont multipliés sitôt l'annonce du décès de Michael Goolaerts. Quick-Step, Sky, Mitchelton, Lotto NL, AG2R La Mondiale et d'autres formations ont fait part de leur tristesse, mais aussi des coureurs non engagés dans Paris-Roubaix (Alejandro Valverde) ou fraîchement retraités (Alberto Contador, Fabian Cancellara).

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient, a résumé le sentiment général: "Au nom de l'UCI et de la famille du cyclisme dans son ensemble, je tiens à adresser mes plus sincères condoléances à la famille, à l'équipe et aux proches de Michael Goolaerts, parti trop tôt ce jour."

La direction du Tour de France, qui organise aussi Paris-Roubaix, a également réagi ce lundi. "Nous sommes dans la compassion", a déclaré le directeur du Tour Christian Prudhomme qui a présenté ses condoléances aux proches du cycliste.

Il est également revenu sur la sélection de l'équipe Vérandas Willems, après l'obtention d'une invitation pour la course. "Nick Nuyens (manager de la formation belge) et les coureurs étaient tellement contents, ils avaient tellement le désir d'être au départ et nous étions heureux d'avoir l'équipe de Wout Van Aert, triple champion du monde de cyclo-cross", a commenté Christian Prudhomme.