Il y a 120 ans, le néerlandais devenait une langue officielle en Belgique

Il y a 120 ans, le 18 avril 1898, la loi dite d'Égalité (Gelijkheidswet en néerlandais) était adoptée à la Chambre à l’initiative des députés anversois Edward Coremans et Juliaan De Vriendt. Le texte dispose que les lois seront votées, sanctionnées, promulguées et publiées en langue française et en langue néerlandaise. Dans un Tweet, le président de la N-VA, Bart De Wever rend hommage ce mercredi "à tous ceux à qui nous devons notre langue et notre culture."

"Savoir d’où l’on vient pour savoir qui on est. Il y a 120 ans, le néerlandais était enfin reconnu comme langue officielle dans notre propre pays. Je voudrais rendre hommage à tous ceux à qui nous devons notre langue et notre culture" écrit Bart De Wever, ce mercredi dans un Tweet.

Après l’indépendance du pays en 1830 le gouvernement belge fit du français la seule langue officielle. L’administration générale, la justice, l’armée, l’enseignement se faisaient en français.

En réaction à l’occupation hollandaise on assiste donc à une francisation du pays. Si un citoyen flamand s’adressait à ses juges ou aux agents de l’administration dans sa langue maternelle, comme cette langue était souvent ignorée de beaucoup de personnes, il arrivait que le juge ou l’agent de l’administration ne le comprenne pas.

En 1856, Pierre De Decker, ministre catholique de l’Intérieur mit sur pieds la "Commission des Griefs flamands" chargée d’étudier la question de l’emploi public de la langue néerlandaise, elle formula des suggestions très radicales mais jugées incompatibles à l’époque avec l’organisation politique et administrative du pays.

En 1873, le ministre Malou fit voter l’importante loi du 16 août, réglant l’emploi du néerlandais en matière de droit pénal dans la partie flamande du pays. Le 15 juin 1883, une loi faisait du néerlandais la langue véhiculaire dans les athénées et les écoles moyennes du nord pays.

Edward Coremans et Julien De Vriendt

Dans les années 1880, l'usage du néerlandais commence timidement à être officialisé. À partir de 1886, les pièces de monnaie sont frappées dans les deux langues. En 1888, pour la première fois, un discours est prononcé en néerlandais au sein de la Chambre des représentants par le député anversois du Meetingpartij, Edward Coremans.

Depuis l'avènement du suffrage universel masculin en 1893 et les premières élections au suffrage plural le 13 mars 1895, la demande d'égalité portée par le Mouvement flamand se fait plus forte.

Des voix se lèvent pour dénoncer le système dans lequel le citoyen néerlandophone "se trouve dans cette situation injuste et tyrannique d'avoir à chérir des lois qu'il ne sait ni lire ni comprendre", comme le déclare Edward Coremans.

Ce dernier dépose alors une proposition de loi visant à ce que les lois soient promulguées dans les deux langues. Une autre proposition plus stricte est déposée par cinq députés du parti catholique parmi lesquels figurent Julien De Vriendt et l'abbé Daens. Finalement la loi adoptée pris le nom des défenseurs des deux premières.

Le texte des lois, les inscriptions sur les timbres, les monnaies, les bâtiments publics furent désormais bilingues. Le néerlandais était donc reconnu comme langue officielle au même titre que le français qui, dans les faits, conservait cependant encore une large prééminence.