Anvers va s'attaquer à l’achat de drogue en ligne

En Belgique, un achat de drogue sur cinq se fait via internet. Le phénomène est en hausse ces dernières années. Le parquet d’Anvers et la police ont dès lors décidé de miser davantage sur la lutte contre l’achat de stupéfiants en ligne.

La démarche est, aujourd’hui encore, relativement aisée : quiconque achète de la drogue en ligne la reçoit à domicile, par colis postal. Certains paquets sont parfois interceptés, notamment lors de grandes actions telles que celle baptisée Etoile, menée conjointement par la police et les douanes dans le centre de tri postal d’Anvers. C’est en effet là qu’arrivent les envois internationaux destinés à la Flandre.

Désormais, lorsqu’un paquet est intercepté, l’enquête sera exclusivement menée par le parquet d’Anvers, et plus par les différents parquets du pays. Deux agents de la police locale des stupéfiants d’Anvers ont été désignés pour suivre les envois à la trace. Si les destinataires se trouvent en Belgique et qu’ils sont identifiés, ils seront alors auditionnés. L’objectif est d’en savoir plus sur la source de la vente, de recouper les informations, et d’éventuellement parvenir à mettre au jour des réseaux de trafiquants. "Ce sera un travail de longue haleine", admet le magistrat anversois Ken Witpas.

Des produits mortellement dangereux

Les drogues mises en vente sur internet sont souvent particulièrement dangereuses. Il s’agit la plupart du temps de nouvelles substances psychoactives (NSP) . Si ces dernières ressemblent aux drogues classiques, elles contiennent cependant des produits chimiques très nocifs. "Les consommateurs ne savent pas ce que ces drogues de synthèse contiennent précisément. L’utilisateur devient donc un cobaye", indique la chercheuse de la Haute Ecole de Gand, Tina Van Havere.

"Les produits achetés en ligne peuvent être de véritables poisons, qui peuvent vous coûter la vie cinq minutes après leur absorption", ajoute Ken Witpas. Récemment, un envoi postal a été intercepté à Anvers. Il contenait une dangereuse variante de fentanyl, une NSP qui peut provoquer la mort. L’an dernier, six personnes ont perdu la vie après avoir consommé des drogues de synthèse.

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