Les outils de propagande de Daesh neutralisés, sous la houlette de la Belgique

Les polices américaine et de l'Union européenne ont neutralisé les organes de propagande en ligne du groupe terroriste Etat islamique (EI), annonce vendredi Europol, l'office de police criminelle pour l'échange de renseignements entre polices nationales au sein de l'UE. L’opération visait spécifiquement Amaq, l'agence de presse et un des organes de propagande de l'organisation djihadiste. Elle a été dirigée par le parquet fédéral belge.

Dans le cadre d'un dossier du parquet fédéral belge, qui a dirigé l'opération, l'action a été menée simultanément mercredi et jeudi en Belgique, en Bulgarie, en France, aux Pays-Bas, en Roumanie, au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis.

Le "démantèlement multinational et simultané" a été coordonné par l'intermédiaire du siège d'Europol à La Haye avec le soutien d'Eurojust, l'unité de coopération judiciaire de l'Union européenne. Plus précisément, l'action a été coordonnée depuis le siège d'Europol par l'IRU (European Union Internet Referral Unit), qui fait partie de l'ECTC (European Counter Terrorism Centre), précise le parquet fédéral belge.

L'unité de lutte anti-terroriste britannique a également été impliquée et a identifié "de grands bureaux d'enregistrement de noms de domaine usurpés par l'EI".

Action de déstabilisation

L'objectif de l'opération était de "déstabiliser fortement" le dispositif de propagande de l'Etat islamique et d'identifier et d'interpeller les administrateurs de ces serveurs, en saisissant et en fermant les serveurs utilisés pour diffuser la propagande de l'EI sur internet.

Les djihadistes ont notamment utilisé leur agence Amaq en 2016 pour revendiquer des attentats et attaques au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde, dont les attentats meurtriers de Paris, Bruxelles, Barcelone et Berlin. Le groupe s'est également servi de son agence de presse pour revendiquer, le mois dernier, l'attaque d'un supermarché à Trèbes, dans le sud de la France, où un homme de 25 ans a tué quatre personnes, dont un gendarme qui avait pris la place d'un otage.

Des serveurs ont déjà été saisis et fermés en Bulgarie, en France, en Roumanie, aux Pays-Bas, au Canada et aux États-Unis. En Belgique, l'enquête est menée en coopération avec la police fédérale de Gand.

Un grand coup contre la radicalisation

Dans l'intérêt de l'enquête, aucune autre information ne peut être divulguée, ajoute encore le parquet fédéral belge. "Avec cette opération sans précédent, nous avons porté un grand coup aux capacités de l'EI à propager sa propagande en ligne et à radicaliser les jeunes en Europe", a déclaré, de son côté, le chef d'Europol, Rob Wainwright, dans un communiqué.

L'action de mercredi et jeudi constitue la dernière étape en date d'une campagne lancée 2015. "Par cette action de démantèlement, visant les grands organes de l'EI dans le domaine des médias, comme Amaq, mais aussi la radio al-Bayan, les sites d'information Halumu et Nashir, la capacité de l'EI à propager et promouvoir son matériel terroriste est compromise", peut-on encore lire.