"Pas de danger pour la santé publique après l’incident à Doel"

Une fuite a été détectée dans la partie nucléaire du réacteur Doel 1, situé en Flandre orientale, à l'arrêt depuis le début de la semaine pour une maintenance au niveau du circuit de refroidissement. C'est au cours de ces travaux d’entretien, qui avaient été anticipés d’un mois, que la fuite a été découverte, a confirmé l’exploitant Engie Electrabel. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) affirme qu’il n’y a pas eu de danger pour la santé publique. Mais l’incident suscite l’inquiétude des partis de l’opposition.

Le premier réacteur de la centrale nucléaire Doel, qui a été mis à l'arrêt lundi pour des travaux d'entretien à effectuer dans le circuit de refroidissement, a été interrompu dès vendredi et jusqu'au 1er octobre. L'exploitant Engie a avancé d'un mois la date de cet entretien, initialement programmé du 29 mai au 1er octobre. La date de fin d'intervention est maintenue au 1er octobre.

Au cours des travaux d’entretien, une fuite a été découverte dans la partie nucléaire du circuit primaire de refroidissement. C’est avec l’eau de ce circuit primaire que le réacteur même est refroidi. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a confirmé cette information ce samedi, mais affirme qu’il n’y a jamais eu de danger pour les riverains de la centrale nucléaire de Doel.

L’opposition tire la sonnette d’alarme

"La centrale de Doel est périmée depuis 2015. Ses nombreux arrêts posaient jusque-là essentiellement des questions quant à la pertinence économique de la prolongation. Aujourd'hui, cette vétusté devient carrément dangereuse", a ainsi commenté Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre. "Pour une énergie qui se veut 'stable', l'indisponibilité globale de nos 7 réacteurs dépasse l'entendement. Et la menace qui pèse sur la population est réelle, avec ou sans pilule d'iode chez soi. Ce nouveau signal envoyé par Doel 1 doit être le déclencheur d'un mouvement vers la sortie rapide et réelle du nucléaire", a ajouté Nollet.

Le PS, lui, demande une réunion d'urgence de la commission sécurité nucléaire de la Chambre. "Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon et le directeur de l'AFCN doivent venir s'expliquer en commission ce lundi", a estimé le député Eric Thiébaut.

"La succession d'incidents dans nos centrales était déjà préoccupante, mais ici le problème se situe au sein même de la zone nucléaire du réacteur. Le nucléaire est une énergie dangereuse et la prolongation de nos centrales vieillissantes représente un risque non négligeable pour la sécurité", a-t-il poursuivi en exigeant "au plus vite une communication transparente sur la situation exacte à Doel 1".

Le réacteur 1 de la centrale de Doel est en activité depuis février 1975. Sa fermeture est prévue pour 2025, en vertu d’une prolongation de 10 ans de sa durée d’exploitation approuvée fin 2014 par le gouvernement fédéral.

C’est un petit réacteur de 433 MW, comme celui de Doel 2. Les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire flamande sont deux fois plus grands.