Une nouvelle expulsion d'un terroriste vers le Maroc bloquée

Le Conseil du contentieux des étrangers (CCE) bloque à nouveau l'expulsion d'un citoyen marocain récemment condamné pour participation aux activités d'un groupe terroriste. C’est la troisième fois que cela se produit sur un bref laps de temps, les garanties individuelles de sécurité d’étant pas suffisantes. Le Secrétaire d’Etat à la Migration, Theo Francken (photo), et le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, se rendent à Marrakech pour la Conférence ministérielle eurafricaine sur la migration et le développement et vont donc aborder au Maroc le problème des expulsions.

L'Office des étrangers n'aurait pas suffisamment contrôlé que l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit torture et traitements inhumains ou dégradants dans le pays de destination, sera respecté en cas d'expulsion. Il s'agit du troisième cas d'expulsion vers le Maroc bloqué pour le même motif.

L'affaire révélée lundi concerne un ressortissant marocain vivant en Belgique depuis plus de dix ans. En 2017, il a été condamné pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Il a ensuite été libéré après avoir purgé sa peine. Entretemps, il a perdu son permis de séjour et doit dès lors être expulsé vers le Maroc.

Theo Francken sera en déplacement dans le pays d'Afrique du Nord dès ce mardi, avec les ministres des Affaires étrangères Didier Reynders et de l'Intérieur Jan Jambon (photo archives). "Nous y soulèverons ce problème avec les autorités marocaines. Nous avons construit avec elles d'excellentes et respectueuses relations sur le plan de la sécurité. Une discussion bilatérale est prévue mercredi", indiquait Theo Francken.

La Belgique cède la présidence du processus de Rabat au Burkina Faso

A Marrakech, notre pays cèdera mercredi au Burkina Faso la présidence du processus de Rabat, un forum de coopération politique entre les pays concernés par les routes migratoires qui relient l'Afrique centrale, de l'Ouest et du Nord à l'Europe.

Le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders (photo archives), cèdera le flambeau à son homologue burkinabè, Alpha Barry, lors de la cinquième Conférence ministérielle eurafricaine sur la migration et le développement, à Marrakech. La Belgique avait hérité de cette présidence en mars 2017, assurée jusqu'alors par le Mali, en vertu d'une alternance entre les deux rives de la Méditerranée.

Créé en 2006, à l'initiative de l'Espagne, de la France, du Maroc et du Sénégal, le Processus de Rabat promeut le développement de politiques migratoires, et plus particulièrement les synergies entre migration et développement. Egalement connu sous le nom de Dialogue euro-africain sur la migration et le développement, il rassemble près de 60 pays partenaires européens et africains d'Afrique centrale, de l'ouest et du nord, ainsi que la Commission européenne et la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), pour discuter, dans un esprit de partenariat, des questions liées à la migration et à la mobilité.

La réunion de mardi - la 5ème conférence ministérielle du genre - doit se traduire par l'adoption d'une "déclaration de Marrakech" et de son annexe, le "plan d'action de Marrakech", indiquait mardi une source diplomatique. La Belgique y sera donc représentée par le ministre Didier Reynders, par son Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, se rendra lui aussi à Marrakech, mais pour un entretien bilatéral avec son homologue marocain. Le Processus de Rabat a un équivalent pour les discussions sur les questions de migration avec l'Afrique de l'Est: il s’agit du Processus de Khartoum.