"5 ans après l’accident de Wetteren, le rail belge n'est toujours pas sûr"

Selon Patrick Lafontaine, un expert en sécurité ferroviaire, les chemins de fer belges ne sont toujours pas sûrs. Il a fait cette déclaration lors de l’émission De ochtend (VRT), ce vendredi. Aujourd’hui cela fait 5 ans exactement qu’un train de marchandise transportant des produits chimiques a déraillé à Wetteren (Flandre orientale) provoquant une explosion.

Plusieurs wagons d’un train de marchandises, contenant des produits chimiques, avaient explosé dans la nuit du 4 avril 2013 à Schellebelle, près de Wetteren. A l’époque 300 personnes avaient été évacuées. De l'eau toxique s'était cependant déversée dans les égouts. Le bilan était d’un mort et de 17 blessés.

Le parquet avait conclu que l’accident avait été provoqué par le conducteur du train. Il roulait trop vite au passage d’un aiguillage, ce qui aurait provoqué le déraillement du train.

"Or un système de freinage automatique existe et peut intervenir lorsque le machiniste commet une erreur par exemple lorsqu’il roule trop vite. Mais aujourd’hui ce système n’a été mis en place que partiellement sur notre réseau ferroviaire",  a expliqué l'expert.

Patrick Lafontaine était également l'un des experts qui avaient été convoqués par la commission spéciale de la Chambre après la catastrophe ferroviaire de Buizingen en 2010. "L'une des conclusions de l'époque était que notre réseau ferroviaire était mal sécurisé et qu'un tel système de sécurité devait être mis en place dans tout le pays ", ajoute Patrick Lafontaine.

"Mais cela ne s’est pas encore produit et c’est désolant. Car après la catastrophe de Wetteren, il y a encore eu une série d’autres accidents ferroviaires graves. En 2016, un train de voyageurs heurtait un train de marchandise à Saint-Georges en Wallonie, faisant 3 morts et 9 blessés. Enfin un accident similaire à celui de Wetteren s’est produit à Louvain : un train a déraillé parce que le machiniste roulait trop vite au passage d’un aiguillage. Le système de freinage automatique aurait donc pu être en place".

Pourquoi ce système n’est-il pas encore en place partout ?

"Les chemins de fer belges ont commencé beaucoup trop tard", ajoute encore Patrick Lafontaine.

"Ce n'est qu'après la catastrophe ferroviaire de Buizingen que nous avons commencé, alors que les pays voisins ont introduit un tel système il y a plusieurs décennies déjà. C’est bien sûr très complexe de mettre tout cela en place mais on ne peut pas rattraper ce retard en quelques années.

Après l'accident de Wetteren, Patrick Lafontaine a réagi en disant que la question n'était pas de savoir si, mais quand, il y aurait une nouvelle catastrophe comme celle de Wetteren.

"Et à ce jour, je m'en tiens à cette déclaration. Tant que le système n'est pas généralement opérationnel, le risque persistera ", a conclu Patrick Lafontaine.

La SNCB estime que le système de sécurité sera généralisé sur l’ensemble du pays en 2023.