Les pilotes de Brussels Airlines veulent partir en grève à partir du 11 mai

Les syndicats de la compagnie aérienne Brussels Airlines ont déposé, en front commun, un préavis de grève. Les quelque 500 pilotes de Brussels Airlines avaient jusqu'à ce vendredi pour voter et se prononcer sur les "ultimes" propositions de la direction, formulées il y a une semaine. La plupart d'entre eux n'ont toutefois pas accédé à ces demandes. Ils pourraient dès lors mener des actions à partir du 11 mai.

Seuls 8% des pilotes ont accepté les propositions de la direction, indiquent les syndicats. Parmi les autres votants, 80% se sont montrés en faveur d'une grève.

Direction et syndicats disposent désormais de sept jours pour trouver une solution. Une grève pourrait donc être possible à partir du 11 mai à la mi-journée, à moins que des actions spontanées ne soient organisées d'ici là. Aux mois de janvier et février derniers, les pilotes avaient ainsi déjà mené des actions de zèle afin de se faire entendre. Celles-ci avaient occasionné des retards quotidiennement, de quelques minutes à un quart d'heure, sur des dizaines de vols.

Ce conflit social constitue par ailleurs un premier test pour l'Allemande Christina Foerster, la nouvelle administratrice déléguée de la compagnie depuis le 1er avril.

Si le processus devait aboutir à une grève, il s'agirait seulement de la deuxième en 16 ans d'histoire pour Brussels Airlines. La seule recensée jusqu'à présent remonte à 2013, lorsque les pilotes avaient arrêté le travail durant une journée.

La direction regrette

La direction de Brussels Airlines regrette le dépôt, par les syndicats de pilotes, d'un préavis de grève au sein de la compagnie. Cela alors qu'une procédure de conciliation entre les deux parties est encore en cours, souligne-t-elle. Elle s'efforcera de trouver des solutions lors des réunions qui sont encore prévues dans le cadre de cette conciliation. Une première entrevue est d'ailleurs prévue lundi.

La direction a déposé une proposition sur la table des négociations il y a environ une semaine. En ce qui concerne les salaires, elle y propose que les pilotes récupèrent les augmentations barémiques qu'ils avaient laissées tomber ces dernières années.

Ces derniers bénéficieraient en outre d'une augmentation d'environ 3% en 2019. Cela se ferait via un "plan cafétéria", où les pilotes pourraient choisir parmi des jours de congé, du cash, un smartphone, etc.

Une nouvelle hausse de 3% devrait ensuite suivre en 2020, "si Brussels Airlines n'enregistre pas de croissance'. La direction a voulu, de la sorte, dissiper l'incertitude qui régnait à la suite de l'intégration de la compagnie belge au sein du groupe Eurowings. Les pilotes craignent, de leur côté, d'avoir moins de possibilités de croissance au sein de l'entreprise (de copilote à commandant de bord, de vols court courrier à longue distance). Si la croissance est au rendez-vous, ils pourraient effectivement bénéficier de promotions et, ainsi, gagner davantage.

La direction a par ailleurs proposé par exemple six jours de congé supplémentaires pour les pilotes de plus de 60 ans. Et un dossier est en cours de préparation afin de faire reconnaître les emplois de pilotes et de personnel naviguant comme des métiers pénibles.
"Nous estimons qu'une belle offre se trouve sur la table", confie Kim Daenen, porte-parole de la compagnie, . Elle regrette dès lors que les pilotes aient voté en faveur d'une grève alors qu'une procédure de conciliation est en cours et qu'une série d'éléments doivent encore être discutés.

Brussels Airlines informera les clients des démarches à entreprendre si une grève est finalement bien organisée.