L'armée belge va significativement renforcer sa présence en Irak

Le conseil des ministres a donné vendredi son accord à un renforcement substantiel - de 43 à 114 personnes - de la contribution belge à l'opération "Inherent Resolve", le nom donné par la coalition dirigée par les Etats-Unis à la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), sur le territoire irakien, a indiqué le ministère de la Défense.

La campagne militaire de la coalition au soutien des forces locales - l'armée irakienne et les peshmergas (combattants kurdes) - a été couronnée de succès, avec la défaite militaire de l'EI (ou Daech, selon son acronyme arabe) et évolue désormais vers une phase suivante pour laquelle de nouveaux besoins ont été exprimés.

C'est pourquoi la Défense contribuera en 2018 à cette opération Inherent Resolve (OIR) en doublant pratiquement, à partir de la mi-mai et jusqu'à la fin de l'année, le nombre de militaires déployés en Irak pour une mission d'entraînement et d'assistance (en anglais "Train and Assist", T&A), pour atteindre des effectifs d'environ 80 militaires en moyenne, a précisé le département dans un communiqué.

Le gouvernement avait déjà approuvé cette augmentation des effectifs en Irak en novembre dernier, en approuvant la liste d'engagements opérationnels pour 2018 présentée par le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA). "On continue la mission 'Train and Assist', mais en l'axant davantage sur la reconstruction du pays", a expliqué une porte-parole militaire.

"Ne pas répéter des erreurs commises en Afghanistan"

La coalition avait annoncé début février un "ajustement" à la baisse en 2018 de ses forces en Irak, où l'EI a perdu la quasi-totalité des territoires qu'il contrôlait depuis son offensive surprise de 2014.

Le parlement irakien a pour sa part voté début mars une résolution demandant au gouvernement d'établir un calendrier de retrait des forces étrangères stationnées dans le pays. Mais la coalition souhaite ne pas répéter des erreurs commises en Afghanistan, où l'Otan a mis fin à sa mission de combat contre les talibans pour se concentrer sur la formation des forces de sécurité afghanes et s'est trouvée dans l'obligation d'augmenter les effectifs, trop faibles au départ, a expliqué une source militaire à l'agence Belga.

Un peloton de génie de construction (une trentaine de personnes) s'installera aussi à partir de la mi-mai jusque fin 2018 à l'aéroport d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Cet aéroport est l'une des principales installations utilisées dans la région par les forces de la coalition anti-Daech et les Belges seront chargés d'améliorer les conditions de vie des autres contingents présents

Mise sur pied en 2014 par les États-Unis alors que l'expansion territoriale de l'EI menaçait Bagdad, la coalition internationale anti-djihadistes rassemble 74 pays et des organisations internationales comme Interpol et l'Otan.