Les coupes d'arbres pour empêcher les migrants de s’y cacher étaient illégales

Les coupes d'arbres et arbustes autour de parkings autoroutiers à Ranst effectuées il y a deux semaines afin d'empêcher les migrants de se cacher n'étaient pas autorisées. L'opération a nui à la biodiversité, déplore vendredi l'Agence flamande pour la nature et la forêt (ANB). Les travaux d'abattage et d'élagage le long de l'autoroute E313 à Ranst, en province d'Anvers, ont provoqué beaucoup d'émoi en Flandre et au-delà. Ils ont eu lieu en pleine saison de nidification des oiseaux.

Prise à partie, l'Agence flamande des routes et de la circulation s'était défendue en expliquant avoir agi en concertation avec les Affaires intérieures, la police et les gouverneurs, dans le but d'éviter que des transmigrants se cachent dans la végétation. Elle avait toutefois admis un calendrier mal choisi.

Vendredi, l'ANB, agence qui dépend de l'administration flamande, a confirmé l'illégalité de l'opération. Des mesures de réparation vont devoir être prises, sans quoi un procès-verbal sera dressé, a-t-elle mis en garde.

Atteinte à la biodiversité

D'après les constations sur place des inspecteurs de l'ANB, les bois autour de deux parkings autoroutiers à Ranst ont été sévèrement éclaircis. Les arbres les plus proches de l'autoroute et des parkings ont été abattus, tandis que ceux plus éloignés ont été lourdement élagués.

En ont fait les frais des chênes d'Amérique, des chênes pédonculés, des aulnes blancs, des hêtres, des charmes, des bouleaux et des pins sylvestres. En outre, "tout le sous-étage a disparu, avec comme principales victimes des sureaux, sorbiers, noisetiers, houx, cerisiers tardifs et aulnes glutineux. La strate herbacée est également endommagée et on voit encore des restes de sceau de Salomon, une plante qui pousse uniquement dans les milieux forestiers très anciens et bien développés", regrette l'agence.

Plusieurs arbres ont été abîmés et ceux qui subsistent forment un bois "sans intérêt écologique", dont tout l'étage inférieur a été supprimé. Les coupes drastiques réduisent la biodiversité mais aussi le tampon sonore et visuelle que la végétation formait pour les habitats alentour.

En conséquence, l'ANB demande de laisser la zone se développer à nouveau spontanément. L'Agence des routes et de la circulation ne peut agir sans les autorisations et permis requis par la législation flamande, conclut-elle.