Un premier sondage sur la société multiculturelle flamande

La ministre flamande chargée de l’Egalité des chances Liesbeth Homans (N-VA) a fait réaliser un sondage auprès de 4.491 Flamands de souche et d’origine étrangère. Certains résultats sont assez surprenants. Ainsi près de 40% des personnes d'origine turque pensent que la religion doit toujours primer sur la loi belge.

Les enfants d'origine étrangère parlent le néerlandais entre eux

La langue parlée à la maison est la langue maternelle aussi bien chez les Flamands de souche que chez les personnes d’origine étrangère. Ainsi 97% des personnes d’origine turque, polonaise et congolaise parlent leur langue maternelle à la maison.  Mais cette langue maternelle n’est pas obligatoirement la seule langue parlée à la maison, même si les familles multilingues sont minoritaires. Ainsi une personne d’origine marocaine sur cinq déclare utiliser aussi bien le néerlandais que sa langue maternelle entre parents et enfants. En revanche, les enfants parlent principalement le néerlandais entre eux et ce quelle que soit leur origine/ 90% des enfants d’origine marocaine parlement le néerlandais avec leurs frères et leurs sœurs. Dans le cas des enfants d’origine turque, ce chiffre est de 86%. Ce n’est que dans le cas des personnes d’origine roumaine (41%) et polonaise (49%) que le néerlandais n’est pas la langue parlée principalement par les enfants.

Les allochtones plus croyants que les Flamands de souche

Les Flamands de souche attachent de moins en moins d’importance à la religion : 37% des Flamands de souche affirment que la foi est une partie importante d'eux-mêmes, contre 95% des personnes d’origine marocaine et 72% des personnes d’origine polonaise. Parmi les Flamands croyants, quatre sur dix répondent que la foi est devenue moins importante pour eux au cours des dix dernières années. Chez les Flamands d’origine immigrée c’est le contraire. Parmi les croyants d’origine marocaine, turque et congolaise le plus grand groupe est formé par les personnes qui affirment que leur foi est devenue plus forte au cours des deux dernières années. Autre chiffre frappant : près de 40% des personnes d’origine turque pensent que leur religion doit toujours primer sur la loi belge.

L’homosexualité difficilement acceptée chez les allochtones

Autre différence majeure entre personnes autochtones et allochtones est la perception qui est faite de la sexualité LGBT : 90% des flamands de souche pensent que les homosexuels ou les lesbiennes doivent pouvoir vivre comme ils ou elles le veulent. Mais parmi les Flamands d’origine turque ce n’est que 48% et congolaise 45%.  Et les différences sont encore plus importantes lorsqu’il s’agit du mariage homosexuel : 79% des Flamands de souche estiment que des personnes du même sexe peuvent se marier, chez les Flamands d’origine turque ce n’est que 22%. A la question de savoir s’ils accepteraient que leur enfant épouse une personne du même sexe, il y a aussi de grandes différentes entre les communautés.  

Les femmes d’origine turque et marocaine restent plus souvent à la maison

Un peu plus de la moitié des Flamands de souche travaillent. Ce chiffre est légèrement plus élevé pour les hommes que pour les femmes, mais il est en fait plus ou moins identique. Plus de 80% des personnes d'origine polonaise travaillent, les femmes sont même légèrement plus actives que les hommes, mais là aussi, les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas énormes. C’est un contraste avec les personnes d’origine marocaine et turque dont la majorité des hommes (60%) travaillent alors que les femmes ont plutôt tendance à rester à la maison. Seules 30% des femmes d’origine marocaine et turque travaillent. Elles restent le plus souvent à la maison pour s’occuper des enfants. Enfin, 84% des Flamands de souche bénéficient d’un contrat à durée indéterminée contre 64% seulement des personnes d’origine congolaise.