Des familles de migrants logées en centre fermé dès juillet

Les familles de migrants avec enfants qui ont été déboutées mais refusent de quitter la Belgique, seront installées dès le mois de juillet dans une extension du centre fermé 127 bis (photo) à Steenokkerzeel (Brabant flamand), dans cinq unités familiales séparées. Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken aurait obtenu le feu vert du conseil des ministres restreint sur ce dossier controversé, indique le quotidien Het Laatste Nieuws. Les organisations de défense des réfugiés critiquent violemment cette mesure.

Depuis 2008, et à la suite d’un rappel à l’ordre par la Cour européenne des Droits de l’Homme, la Belgique n’enferme plus dans des centres fermés, jusqu’à leur rapatriement, les familles de migrants déboutées qui refusent de retourner de leur propre gré dans leur pays d’origine. Des habitations "de retour" sont par contre créées. Les habitants y sont accompagnés par l’Office des étrangers et étaient jusqu’à présent libres de leurs mouvements. Ce qui a entrainé la disparition d’un certain nombre de ces familles.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé que les parents pourront quand même être enfermés jusqu’à leur rapatriement, s’ils disparaissent de leur habitation "de retour" et sont à nouveau appréhendés par la suite.

Cinq unités pour les familles (trois pour six personnes et deux pour huit) ont maintenant été construites sur le domaine du centre fermé de Steenokkerzeel (photo), en Brabant flamand. Elles seraient "entièrement adaptées aux besoins d’une famille avec de petits enfants et conformes au respect de la vie privée", indiquent les autorités.

Le Secrétaire d’Etat Theo Francken aurait obtenu l'accord du Premier ministre et des principaux ministres du gouvernement fédéral concernant un projet d'arrêté royal sur les centres fermés et ces "unités pour les familles". Le milieu associatif s'oppose depuis plusieurs mois à ce projet destiné aux familles avec enfants qui refusent de quitter volontairement le territoire, dans le centre 127 bis à Stenokkerzeel qui accueille des étrangers en situation irrégulière en attendant leur expulsion.

L'arrêté royal stipule que la durée de l'enfermement d'une famille avec enfants (mineurs) ne pourra dépasser quatre semaines et que la privation de liberté doit constituer une solution ultime. Le texte doit désormais être présenté au Conseil d'Etat et Theo Francken espère pouvoir accueillir les premières familles en juillet.

Inacceptable pour les associations

"On n'enferme pas un enfant. Point", martèle Bernard De Vos, délégué général aux Droits de l'enfant. Les associations combattent depuis plusieurs mois cette volonté du gouvernement d'enfermer, en ultime recours, les familles de migrants avec enfants. Détenir un enfant est inacceptable et contraire à la Convention générale des droits de l'enfant de 1989, que la Belgique a ratifié. Celle-ci institue que l'intérêt supérieur de l'enfant doit être primordial, rappellent les associations.

"Or, il est évident qu'il ne sera jamais dans l'intérêt de l'enfant d'être enfermé", s'exclame la Ligue des droits de l'Homme.

D'autant plus que la Cour européenne des droits de l'Homme a condamné trois fois la Belgique pour avoir enfermé, entre 2004 et 2008, plus de 2.000 enfants avec leurs parents dans des centres fermés, rappellent le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), la Ligue des droits de l'Homme et Bernard De Vos.