Rembourser la consultation chez le psychologue pour éviter les opérations de l’estomac

Le nombre d’opérations de l’estomac a fortement augmenté dans notre pays au cours des cinq dernières années, ce qui a entraîné une augmentation d’un quart des coûts de la sécurité sociale. En 2012, 11.000 personnes ont subi une telle opération et en 2016 14.000, (ce sont les chiffres les plus récents ) soit une augmentation de 28%. Ces chiffres ont été révélés par la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) à la demande de la députée Yoleen Van Camp (N-VA).

Celle-ci a pointé du doigt l'augmentation considérable des remboursements d'opérations chirurgicales de l'estomac, dont le coût pour la sécurité sociale est passé de 52,5 millions en 2012 à 64 millions en 2016.

Selon Van Camp, une partie de ces frais pourrait être évités car ce genre d'intervention ne s'impose pas dans bon nombre de cas. Des problèmes de poids pourraient être facilement résolus grâce à la consultation d'un diététicien ou d'un psychologue, juge-t-elle.

Concrètement, la N-VA propose que ces consultations chez le diététicien ou le psychologue soient également remboursées. "Avec le budget qui va aujourd'hui à la chirurgie bariatrique un patient pourrait consulter presque tous les jours pendant un an ", a estimé Yoleen Van Camp.

Le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block souligne que la ministre ne remet pas en cause les compétences des médecins qui décident d’effectuer une opération à l’estomac, et ajoute que ces opérations sont effectuées dans des conditions très strictes.

Toutefois, la ministre n’est pas opposée à un élargissement du remboursement des consultations chez le psychologue et rappelle sa décision de la semaine dernière de débloquer un budget de 22,5 millions d'euros pour le remboursement des soins psychologiques dès la fin de l'année.

"Il faut scinder la sécurité sociale"

La députée N-VA utilise les chiffres du taux d’obésité plus élevé en Wallonie qu’en Flandre pour justifier la scission de la sécurité sociale.

Le nombre d'opérations visant à faire maigrir le patient est presque deux fois supérieur en Wallonie qu'en Flandre si l'on tient compte des chiffres de population (6.265 pour 3,6 millions d'habitants contre 6.462 pour 6,5 millions d'habitants).

"La Wallonie compte plus de personnes en surpoids et obèses. Le taux de Wallons obèses s'élève par exemple à 16% contre 12,5% en Flandre. La différence est la plus fort chez les jeunes: 25% contre 16% en Flandre. Par conséquent, il serait plus indiqué de scinder la sécurité sociale. Les entités fédérées disposeraient de budgets complets pour investir dans la prévention et en retireraient les fruits. Pour être concret, la Wallonie pourrait par exemple mener plus d'actions auprès des jeunes", a encore expliqué Mme Van Camp.