Deux ans de prison pour l'ex-professeur de judo qui a abusé de ses élèves

Un ancien professeur de judo, âgé de 40 ans, a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles à deux ans de prison avec sursis probatoire, pour avoir abusé de plusieurs de ses élèves. Le prévenu avait noué une relation de confiance avec trois adolescentes qu'il entraînait, un lien dont il avait abusé pour les toucher, les embrasser et les caresser.

Une des anciennes élèves avait révélé son histoire fin mai 2017 dans les pages du Standaard. Sous le pseudonyme de "Nele", elle racontait les abus dont elle avait été victime, un témoignage qui faisait partie d'une série de révélations sur les abus sexuels dans le milieu du judo belge.

Nele, âgée désormais de 22 ans, expliquait ainsi qu'elle avait commencé le judo jeune et qu'elle avait pu intégrer la "topsportschool judo", l'école de la fédération flamande de cet art martial, grâce à son entraîneur qui y dispensait des leçons. Elle y a suivi des cours entre 2006 et 2012. A l'âge de 13 ans environ, les abus ont débuté et ont duré quelques années, jusqu'à ce qu'elle y mette un terme. Deux autres filles ont fait des déclarations similaires durant l'enquête.

Le prévenu a admis qu'il avait eu une relation avec deux des victimes mais a insisté sur le fait qu'il n'avait jamais eu de mauvaises intentions. "Je n'y comprends rien", avait-il déclaré au tribunal. "Pour l'une des filles, j'ai simplement été son entraîneur et rien ne s'est jamais passé entre nous. J'ai bien eu une relation avec les deux autres mais elles étaient amoureuses. Quand elles ont voulu y mettre un terme, je l'ai compris. Il n'y a jamais rien eu contre leur volonté. Je n'ai jamais voulu leur faire de mal."

Le tribunal a jugé toutefois que les faits d'attentat à la pudeur avec violence ou menace étaient avérés. Selon lui, il était clairement question de caresses forcées, d'une contrainte morale et d'un clair déséquilibre des pouvoirs entre le prévenu et ses victimes, dont la carrière sportive dépendait de leur entraîneur. Le tribunal a souligné dans son jugement que "les déclarations des victimes étaient crédibles" et que le prévenu ne se "rendait clairement pas compte que son comportement était socialement inacceptable".

L’homme a été condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire. L'une des conditions de ce sursis est qu'il ne peut plus entraîner de mineurs au judo pendant cinq ans. En outre, toute activité professionnelle ou de loisirs qui l'amène à être en contact avec des mineurs lui est interdite pendant 10 ans.