Geens: "L’asile pour la famille de Mawda n’est pas possible, mais il existe deux alternatives"

Invité vendredi soir sur le plateau de l’émission "De Afspraak op Vrijdag" (VRT), le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a admis que les parents de Mawda, la petite fille irako-kurde tuée par une balle de la police la semaine dernière, n’entraient pas en ligne de compte pour l’asile en Belgique. Il souligne toutefois deux autres "possibilités théoriques" qu’ils pourraient envisager.

Koen Geens réagissait aux déclarations du ministre Alexander De Croo (Open VLD), qui a affirmé que les parents de Mawda pouvaient demander l’asile en Belgique car ils ont été victimes de trafic d’êtres humains. Un avis que les représentants N-VA, Bart De Wever et Theo Francken, se sont empressés de démentir.

D’après le ministre de la Justice, il est impossible pour les parents de Mawda d’introduire une demande d’asile dans notre pays, étant donné qu’une telle demande a déjà été refusée en Allemagne. Il existe toutefois deux "possibilités théoriques", explique Koen Geens. "Ils peuvent demander un statut de victime dans le cadre de la traite et du trafic d’êtres humains, qui leur permettrait de bénéficier d’une période d’attente. S’ils collaborent à l’enquête, ils pourraient aussi profiter de certaines facilités", souligne-t-il. "Les parents peuvent aussi faire une demande de régularisation humanitaire".

Réagissant aux propos de Bart De Wever, qui a mis en avant la responsabilité des parents dans la mort de leur fille, Koen Geens a estimé qu’une telle déclaration était inappropriée. A ses yeux, "il ne vaut toutefois pas la peine de s’y attarder trop longtemps". "Je crois que ces gens sont désespérés. J’ai beaucoup de respect pour le désespoir, et je n’apprécie pas qu’on en fasse un jeu de langage. Je pense qu’on ne l’aurait jamais fait il y a dix ans". Le ministre de la Justice a enfin appelé à ne pas tomber dans les excès, "ni d’un côté, ni de l’autre".