Flip Franssen

Les affiches électorales, "un folklore coûteux devenu inutile"

On commence doucement à les voir réapparaître dans nos rues : les affiches électorales arborant des visages souriants et des slogans accrocheurs dans le but de convaincre les électeurs du scrutin communale du 14 octobre. Mais cette méthode de campagne a-t-elle encore une raison d’être à l’heure du numérique ? "A peine", estime le politologue de l’Université de Gand, Herwig Reynaert.

"Les affiches électorales appartiennent doucement au folklore de la politique locale", explique Herwig Reynaert, qui s’exprimait au micro de Radio 1 (VRT). Selon lui, les études ont récemment démontré que l’impact de cette méthode de campagne était fortement limité.

"Coûteuses et néfastes pour l’environnement"

Les affiches électorales ont de nombreux désavantages. "C’est un investissement qui coûte cher, surtout pour les jeunes politiques", indique Herwig Reynaert. "L’impact électoral est limité, et les coûts pour l’environnement sont en plus élevés", estime-t-il.

Les responsables politiques continuent de le faire car les autres partis le font aussi

Pourquoi, dès lors, continuer à coller de telles affiches dans nos rues ? "De plus en plus de voix se lèvent pour ne plus faire imprimer d’affiches, mais on entend souvent que les responsables politiques continuent de le faire car les autres partis le font aussi".

"Peut-être qu’après ces élections, on constatera encore une fois que les affiches ne rapportent que peu. Elles finiront dès lors probablement par disparaître d’elles-mêmes, comme les caravanes de campagne ou encore les gadgets", souligne le politologue gantois.

Réseaux sociaux et visites à domicile

Comment, dès lors, mener une campagne électorale avec succès ? "Les réseaux sociaux sont évidemment de plus en plus importants. Mais ils n’atteignent pas pour autant tout le monde. Nous vivons actuellement un moment de rupture : il est possible d’atteindre beaucoup de gens en ligne, surtout des jeunes, mais un certain nombre de personnes reste sur le côté. Il faut dès lors les atteindre différemment", explique Herwig Reynaert.

Une autre méthode qui a prouvé son efficacité est la visite à domicile. "Elle permet vraiment de faire la différence. Visiter les gans chez eux est évidemment bien plus chronophage que de pendre des affiches. Mais l’investissement en vaut la peine, car les visites à domicile sont de plus en plus importantes, et ont un réel impact".