Theo Francken: "Je ne déciderai pas seul de la régularisation des parents de Mawda"

Les parents de la petite Mawda, tuée dans la nuit du 16 au 17 mai derniers par une balle de la police lors d'une course-poursuite sur l'E42, ont introduit une demande de régularisation en Belgique, afin de pouvoir y résider de manière permanente pour motif humanitaire, a indiqué dimanche le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), sur le plateau de l'émission "De Zevende Dag" (VRT). Alors qu’une décision de ce type relève de sa compétence, le secrétaire d’Etat a souligné qu’il ne trancherait pas seul, et que le gouvernement aurait son mot à dire.

Les parents ont introduit cette demande vendredi soir, sur base de l'article 9 bis de la loi du 15 décembre 1980 concernant l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers, une procédure de régularisation pour circonstances exceptionnelles qui rendent impossible ou très difficile un retour dans le pays d'origine.

Leur fillette de deux ans avait été touchée à la tête par une balle de la police tirée vers la camionnette dans laquelle ses parents et d'autres migrants tentaient de fuir les forces de l'ordre, dans des circonstances encore à préciser par l'enquête.

"Le gouvernement aura son mot à dire"

Une décision sur ce type de régularisation relève de la compétence ministérielle, en l'occurrence celle du secrétaire d'État N-VA Theo Francken. Ce dernier a cependant précisé qu'il ne trancherait pas seul et que cette décision "très difficile" serait débattue par le gouvernement. M. Francken a laissé entendre que le Premier ministre Charles Michel (MR) avait demandé une telle délibération collégiale. La décision ne devrait pas tomber immédiatement, car la demande n'arrivera probablement pas à l'administration avant un certain temps.

Theo Francken a confirmé que les parents et le frère aîné de la petite victime ne seraient pas, durant le cours de l'enquête, renvoyés vers l'Allemagne, premier pays où ils ont introduit une demande d'asile dans l'Union européenne. Le secrétaire d'État a en outre affirmé que les parents avaient demandé à ne pas devoir payer les 350 euros par personne qui doivent normalement être versés pour ouvrir une telle procédure de régularisation. "Je n'ai jamais accepté cela par le passé", a commenté le nationaliste flamand, sans préciser ce qui sera décidé.

Kris Peeters pour un permis temporaire d'un an

Interrogé par la rédaction de la VRT, le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) a avancé une solution dans laquelle tout le monde pourrait, selon lui, se retrouver: "accorder aux parents de Mawda un permis de séjour temporaire d'un an pour raisons humanitaire. Cela me semble un bon équilibre", a-t-il souligné.