Deux épouses belges de combattants de l’EI attaquent l'Etat belge en justice

Deux femmes belges, qui ont épousé des combattants de l'EI et qui se trouvent actuellement avec leurs enfants dans un camp de réfugiés du nord de la Syrie, ont décidé d'entamer une procédure en justice contre l'Etat belge, en référé. Leur initiative a été lancée dans le but de pouvoir renvoyer leurs enfants vers la Belgique. L'organisation Child Focus s'est jointe à leur action.

Les deux femmes originaires de Borgerhout (Anvers) ont récemment été condamnées par défaut, par un tribunal belge, à des peines de cinq ans de prison et une amende de 6.000 euros, pour participation à des activités terroristes. Elles se trouvent depuis énviron cinq ans sur le sol syrien, où elles avaient suivi leurs maris entre-temps décédés. Toutes deux avaient été interviewées en mars dernier par le journaliste de la VRT, Rudi Vranckx.

La raison de l'action lancée par l'avocat des deux femmes réside dans leur volonté de voir leurs enfants partir vers la Belgique et y grandir. C'est aussi pourquoi Child Focus, la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités, a décidé de se joindre à l'initiative. La fondation estime en effet qu'il est du devoir de l'Etat de tenter de ramener sur le sol belge tout enfant présent en zone de conflit, dont un parent est de nationalité belge.

"Un certain nombre de grands-parents nous ont demandé de les aider, parce que leurs petits-enfants se trouvent dans des camps en Syrie ou en Irak", précise Dirk Depover, de Child Focus. "Ils y sont parfois avec leur mère, car leur père est décédé." Selon Child Focus, les conditions de vie peuvent y être épouvantables. "Ils n'ont pas assez à manger, et pas d'accès aux soins de santé. Notre gouvernement doit prévoir un accueil pour eux, chez nous, et leur fournir de l'aide".

Environ 145 mineurs d'âge de parent belge seraient actuellement présents en territoire de conflit. "Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si ces enfants doivent revenir dans notre pays, mais plutôt de savoir si nous sommes prêts à laisser ces enfants dépérir, et éventuellement les laisser mourir", souligne la directrice de Child Focus, Heidi De Pauw.