Une fusillade à Liège fait quatre morts et deux blessés

Deux policières et un passager d'une voiture ont été tués dans une fusillade qui a eu lieu ce mardi matin dans le centre de Liège (photo). Un homme armé d'un couteau puis d'une arme de service est à l’origine des faits. Il a aussi retenu une femme en otage dans l’enceinte d’une école. Deux autres policiers ont été blessés. L'auteur des tirs a finalement été abattu par le peloton anti-banditisme (PAB) de la Cité ardente. Il s'agissait d'un détenu qui bénéficiait d'une permission de sortie. Une enquête a été ouverte, pour terrorisme dans un premier temps.

A 10h30, un individu porteur d'une arme blanche a pris en filature deux policières dans le centre-ville de Liège, a indiqué ce mardi vers 13h15 le procureur du Roi liégeois, Philippe Dulieu, lors d'une conférence de presse (photo sous le texte) à l'hôtel de police de Liège.

L'homme a attaqué dans le dos les deux policières et leur a asséné plusieurs coups de couteaux. Il s'est ensuite emparé de leurs armes de service et a fait feu sur les deux agents (photo), qui sont décédés.

L'assaillant a ensuite continué à pied et s'est attaqué à une personne se trouvant dans sa voiture, un jeune homme de 22 ans, a précisé le procureur du Roi. Il a perdu la vie.

Le suspect est ensuite entré dans l'athénée Léonie de Waha où il a pris en otage une employée. Le peloton anti-banditisme (PAB) est alors intervenu. L'individu a "fait une sortie" en ouvrant le feu vers les policiers, en blessant certains aux jambes. Il a finalement été abattu.

Les élèves de l'athénée ont été mis en sécurité, sous protection de la police, a précisé cette dernière. Ils reçoivent aussi une aide psychologique. Les cours à l'athénée seront suspendus mercredi seulement. 

Enquête pour terrorisme

L'affaire a été mise à l'instruction, sous une qualification terroriste, a ajouté le procureur Dulieu. Le procureur fédéral était présent à la conférence de presse en raison de la fédéralisation du dossier, a-t-il encore précisé.

La VRT a également appris que l'auteur de la fusillade à Liège - identifié comme Benjamin Herman - avait obtenu une permission de sortie de prison. Pareille permission de sortie permet à un détenu de quitter la prison pour quelques heures, dans le cadre de la préparation à sa réinsertion.

L'homme n'avait donc pas été libéré et n'était pas non plus en congé pénitentiaire.

Le niveau de la menace reste à 2

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, s'est rendu sur les lieux et était en contact avec le chef de corps. Le centre de crise fédéral suit la situation, a par ailleurs annoncé via Twitter le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.

Le Premier ministre Charles Michel (photo) a exprimé ses condoléances aux victimes et à leurs familles. Il confirme suivre la situation de très près, tout comme le ministre de l'Intérieur Jan Jambon et le ministre de la Justice, Koen Geens. 

Le roi Philippe, le Premier ministre et les ministres de l'Intérieur Jan Jambon et de la Justice Koen Geens se sont rendus à Liège en fin de matinée. Ils iront ensemble à l'Hôtel de police, rue Natalis, vers 13h30.

Le Centre de crise a annoncé que le niveau de la menace était actuellement maintenu à 2. Le fait qu'une enquête soit ouverte pour terrorisme ne signifie pas qu'il s'agisse effectivement d'un acte terroriste, soulignait la VRT à midi. C'est l'enquête qui devra le révéler. 

La Ville de Liège ouvrira dès demain un registre de condoléances et mettra les drapeaux en berne. Une minute de silence sera également observée, en hommage aux victimes de la fusillade, précisait le bourgmestre lors de la conférence de presse.