L’auteur de la tuerie de Liège soupçonné d’un autre meurtre la veille

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a cité mercredi l'auteur de la tuerie de Liège, Benjamin Herman, comme étant également l'auteur supposé d'un meurtre commis la nuit précédente à On, dans la commune de Marche-en-Famenne. Les enquêteurs tentent désormais de cerner le profil de l’individu, et les motifs qui l’ont mené à commettre son acte de terreur, qui a coûté la vie à deux policières et un jeune étudiant.

Les mobiles des différents meurtres du délinquant multirécidiviste demeurent imprécis à ce stade de l'enquête. " Ça peut être des motifs de radicalisation mais aussi peut-être qu'il n'avait plus de perspective dans notre société, parce qu'il a aussi commis un meurtre la nuit d’avant. La psychologie de ce type -peut-être était-il aussi drogué- suscite beaucoup de questions. Avant de tirer des conclusions, il faut attendre le résultat de l'enquête", a déclaré le ministre Jan Jambon sur les ondes de Bel-RTL.

Mardi, de source policière, on indiquait déjà que le tireur de Liège pourrait être impliqué dans la mort de Michaël Wilmet, dont le corps sans vie a été retrouvé mardi matin à son domicile à On, en province de Luxembourg. La victimes aurait été tuée avec un marteau. Elle était connue de la justice pour des infractions liées au trafic de stupéfiants. Héroïnomane, l’homme de 30 ans avait été placé sous surveillance électronique dans le cadre d'une condamnation à la prison ferme prononcée début 2014 par le tribunal correctionnel de Marche. Sa peine s'était achevée en mars dernier après deux ans de surveillance électronique. Il n'était plus soupçonné d'aucun trafic.

Début d’une longue enquête

Les enquêteurs tentent désormais de cerner le profil de Benjamin Herman. "Des éléments vont dans la direction d'un acte terroriste", a indiqué Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, s'est montré prudent quant à la qualification terroriste de l'attaque. "Il y a beaucoup de signaux sur ce plan là. On a nommé un enquêteur, un juge d'instruction pour pouvoir justement répondre à cette question-là. Donc avant de prendre position, je veux attendre les résultats de cette enquête", a-t-il dit à la radio Bel RTL.

"Il y a des signaux qu'il y a eu radicalisation dans la prison mais est-ce que cette radicalisation a mené à ces actions? Là aussi on peut se poser beaucoup de questions, mais on doit attendre le résultat de l'enquête", a ajouté M. Jambon.

Benjamin Herman n’est pas toujours rentré en prison comme prévu

D’après les journaux Sudpresse, Benjamin Herman n'est pas toujours rentré en prison comme prévu à l'issue de ses autorisations de sortie, contrairement à ce qui avait été communiqué par le ministre de la Justice Koen Geens.

Benjamin Herman a bénéficié de 11 permissions de sortie et de 13 congés pénitentiaires qui "s'étaient bien déroulés", selon le ministre Geens. Or, lors de l'une d'entre elles, début 2016, l'individu a réintégré l'établissement pénitentiaire de Namur où il était incarcéré avec "plusieurs jours en retard", selon Valérie Hendrikx, porte-parole des Maisons de Justice.

"Une détention limitée a été octroyée à Benjamin Herman en date du 29 octobre 2015 et a été exécutée le 8 janvier 2016. Le 11 mars 2016, le tribunal d'application des peines a cependant révoqué la mesure suite au rapport de signalement rédigé le 23 février 2016 par l'assistante de justice en charge du dossier. En effet, Benjamin Herman n'avait pas regagné la prison de Namur le 22 février 2016", communique la porte-parole.

On ignore la raison pour laquelle le prisonnier ne s'est pas présenté à temps à la prison de Namur. Il a ensuite dû patienter jusque octobre 2017 pour obtenir à nouveau des permissions de sortie, au départ de la prison de Marche cette fois.

Par ailleurs, les titres Sudpresse mentionnent que, également 2016, le 5 mars exactement, Benjamin Herman s'évade de la prison de Lantin et, deux jours plus tard, le 7 mars 2016, il commet un nouveau vol avec effraction. La police ne parvient cependant pas à mettre immédiatement la main dessus puisqu'il ne sera repris que le 7 mars 2017, soit un an, jour pour jour, après son évasion.