L’Etat islamique revendique l’attaque meurtrière de Liège

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué mercredi l'attaque menée la veille dans le centre de Liège par un assaillant de 31 ans, en bref congé pénitentiaire, qui a tué deux policières et un étudiant de 22 ans. C’est ce qu’indique l'agence de propagande de l'organisation djihadiste, Amaq. Dans un rapport émis samedi, le personnel de la prison de Marche-en-Famenne s’inquiétait de la fréquentation radicalisée de Benjamin Herman, auteur de la double attaque et d’une brève prise d’otage dans une école.

"L'auteur de l'attaque de la ville de Liège en Belgique est un soldat de l'Etat islamique", a affirmé le groupe terroriste (photo) dans un communiqué publié par Amaq, l’agence de propagande de l’organisation djihadiste.

L’enquête lancée dès mardi en Belgique à la suite de la double attaque sanglante, qui a fait trois morts et quatre policiers blessés, devra cependant encore démontrer si Benjamin Herman, qui effectuait une longue peine de prison, avait vraiment des liens avec l’organisation terroriste Etat islamique.

On a toutefois appris que le personnel de la prison de Marche-en-Famenne - où Herman était détenu - avait émis des inquiétudes au sujet de sa radicalisation, dans un dernier rapport émis samedi, quelque jours seulement avant les faits perpétrés durant une sortie autorisée du prisonnier.

Le personnel de la prison de Marche-en-Famenne était inquiet

Le dernier rapport d'informations alarmiste au sujet de Benjamin Herman avait été rédigé par un gardien de la prison de Marche-en-Famenne (photo) et envoyé au directeur des régimes samedi dernier. Selon les informations de journaux du groupe Sudpresse, le rapport expliquait que Benjamin Herman fréquentait un prisonnier figurant sur la liste des détenus radicalisés.

Condamné jusqu'en 2040, celui-ci était notamment connu pour son évasion du palais de Justice de Bruxelles en 2009 et la prise d'otage d'une directrice de prison en 2010. Il était aussi ami et complice de Khalid El Bakraoui, le kamikaze du métro lors des attentats de Bruxelles, selon le quotidien.

Un changement d'attitude dans le chef de Benjamin Herman avait été constaté depuis qu'il fréquentait le détenu radicalisé lors des périodes au préau commun. Le régime spécial de sécurité ultra-strict interdisant à ce dernier tout contact avec les détenus de droit commun, comme Benjamin Herman, avait récemment été adouci.

Le frère de l’assaillant entendu par la police

Le frère de l'auteur de la tuerie à Liège a été intercepté par la police mercredi soir avant d'être relâché, rapportent aussi divers médias.

La police a dans un premier temps émis un avis recommandant de porter une attention particulière à Dimitri Herman (34), le frère aîné du tueur de Liège, par crainte de vengeance envers les services de l'ordre. En fin de journée mercredi, Dimitri Herman a été localisé à Liège et interpellé par les forces de l'ordre.

Les enquêteurs ont jugé que les intentions du frère aîné n'étaient pas belliqueuses, indique La Dernière Heure. Après avoir été entendu en qualité de témoin, Dimitri Herman a donc été relâché, une information relayée aussi par Le Soir et RTL Info.