Acier et aluminium: "C'est un jour noir pour le libre-échange"

Le Premier ministre belge (photo) a exprimé ce vendredi son mécontentement face à la décision des Etats-Unis d’introduire des droits de douane supplémentaires de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium en provenance de l’Union européenne, à partir de ce 1er juin. Le Mexique et le Canada sont touchés par cette même mesure. Charles Michel estime que "c’est un jour noir pour le libre-échange" et que l’Union européenne doit réagir sans équivoque, mais en évitant une escalade vers une guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis au moment de la tenue d’un G7 Finances au Canada.

Il n’est pas acceptable que les Etats-Unis prennent à nouveau une décision unilatérale qui est en contradiction avec le droit international", estimait Charles Michel ce vendredi matin au micro de la VRT radio.

"Je déplore cette situation. Dans notre histoire, les USA ont été un partenaire important à tous les niveaux, et sur beaucoup de points nous nous accordons. Mais je constate qu’un nombre croissant de décisions unilatérales ont été prises ces derniers mois par les Etats-Unis, avec un effet potentiellement négatif pour l’Union européenne et la Belgique".

D’après le Premier ministre, les taxes américaines sur l’importation d’acier et d’aluminium auront un effet sur l’économie en Europe et en Belgique. "Nous devons analyser avec ces secteurs quelles seront les conséquences concrètes de cette mesure américaine. Mais il est certain qu’une réduction du libre-échange n’est pas positive pour la croissance à l’avenir".

"L’Europe doit être respectée"

Charles Michel estime que l’Union européenne doit formuler une réponse claire à la décision économique de Washington. "Nous sommes en contact avec la Commission européenne afin de prendre des mesures, pour montrer que l’Europe doit être respectée. Il n’est pas acceptable que nous devions travailler avec les USA sous la menace".

Nous n’avons pas l’intention de tout accepter

Charles Michel

Le Premier ministre veut donc "prendre très rapidement des contre-mesures", pour montrer "que nous n’avons pas l’intention de tout accepter". Il souhaite aussi prendre une initiative au sein de l’Organisation mondiale du commerce.

Charles Michel veut cependant éviter absolument une guerre commerciale avec les Etats-Unis. "Une escalade serait idiote", déclare le Premier ministre, tout en comprenant qu’il sera difficile de maintenir un équilibre.

Il souhaite donc que les responsables de l’Union se réunissent avec les Etats-Unis, ce qui n’a pas eu pourtant beaucoup d’effet jusqu’à présent. "Mais je ne suis pas fataliste. Il en va de l’intérêt de l’Union européenne et des Etats-Unis de parvenir à un accord", concluait Charles Michel.