"Voulez-vous qu'on se souvienne de vous comme du génie qui a créé un monstre numérique ?"

Le patron du réseau social Facebook Mark Zuckerberg a prononcé mardi, devant les chefs de groupe du parlement européen, le mea culpa qu'il avait déjà présenté il y a un mois au Sénat américain, à la suite du scandale de Cambridge Analytica. Il a toutefois laissé sans réponse plusieurs questions délicates des députés, notamment de Guy Verhofstadt, chef du groupe libéral au parlement européen.

"Nous n'avons pas empêché suffisamment l'utilisation de ces outils à des fins nuisibles: fake news, terrorisme, etc, nous n'avons pas pris acte de nos responsabilités, c'est une erreur, je la regrette et je m'en excuse", a affirmé Mark Zuckerberg devant le président du parlement et les chefs de groupes.

"Vous vous êtes déjà excusé 15 à 16 fois au cours de la dernière décennie. Chaque année, il y a un problème avec Facebook. Cette année, vous vous êtes déjà excusé 3 fois et nous ne sommes qu'en mai. Êtes-vous vraiment capable de faire face aux problèmes ?

Dans sa défense devant le Parlement européen, Mark Zuckerberg a déclaré que Facebook respectait les nouvelles règles européennes en matière de protection de la vie privée et allait même plus loin en appliquant les principes des règles européennes aux utilisateurs du monde entier.

"Mais dites-vous la vérité ?" Lui a demandé Guy Verhofstadt. L’ancien Premier ministre belge n'a pas reçu de réponse par exemple à son interpellation sur la question des compensations des utilisateurs de Facebook dont les données ont été détournées, ou du transfert hors UE de données européennes de citoyens non-Européens, ni sur la manière dont des dizaines de milliers d'employés de Facebook décident de ce qui relève d'une désinformation, une tâche qui selon lui doit revenir aux autorités publiques.

Etes-vous prêt à ouvrir vos livres aux autorités européennes anti-trust?

Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge

Mark Zuckerberg a aussi rapidement balayé d'un revers de main une autre question de Guy Verhofstadt lui demandant si son activité ne constituait pas un monopole.

"Êtes-vous prêts à ouvrir vos livres aux autorités européennes anti-trust ?", avait notamment demandé l'ancien Premier ministre belge. "Nous vivons dans un monde très concurrentiel, avec une moyenne de huit systèmes de communication utilisés par personne, et je vois émerger de nouveaux concurrents au quotidien", a brièvement répondu M. Zuckerberg.

Finalement Guy Verhofstadt a lui posé une question personnelle : "Vous devez vous demander comment vous voulez qu'on se rappelle de vous. En tant que l'une des trois grandes personnalités d'Internet aux côtés de Steve Jobs et Bill Gates qui ont enrichi notre monde ? Ou bien comme le génie qui a créé un monstre numérique et détruit notre démocratie ? "