Anvers : les pavés pour la mémoire de la Shoah à nouveau contestés

L’initiative de l’artiste allemand Gunter Demnig fait à nouveau polémique dans la métropole anversoise. Les pavés de mémoire sont coulés dans le trottoir devant la maison d’une victime de l’Holocauste par l’Association pour la mémoire de la Shoah (AMS), dans diverses villes du pays, mais aussi ailleurs en Europe. L’administration anversoise, comme celle de Munich en Allemagne, s’oppose cependant à l’initiative.

La pose de pavés de mémoire est autorisée dans de nombreuses villes, en Belgique notamment, mais l’administration communale anversoise et la communauté juive de la métropole s’opposent à l’initiative lancée par l’artiste allemand Gunter Demnig. Elles estiment qu’il s’agit d’un hommage à des individus et préfèreraient un monument à toutes les victimes.

Malgré l’interdiction, un nouveau pavé a été posé sans autorisation à Anvers le week-end dernier, comme cela avait déjà été le cas il y a plusieurs semaines. Cette fois, le pavé commémoratif a été coulé dans la Provinciestraat.

Un acte de désobéissance civile légitime

Association pour la mémoire de la Shoah

Le premier pavé avait été posé sur la Pretoriastraat pour rendre hommage à Émile Zuckerberg, recueilli dans la maison d'Izieu en France et déporté avec de nombreux autres enfants à la suite de la rafle du 6 avril 1944. Il avait six ans quand il a été gazé au camp d'Auschwitz. Le second pavé, coulé sur la Stoomstraat, honore la mémoire de Keyla Gitla Szafirstein, issue d'une famille de résistants juifs.

L’Association pour la mémoire de la Shoah veut également placé un pavé à Deurne, à la Gallifortlei. La commune regrette cette initiative, mais n’enlèvera pas la pierre, par respect pour les victimes.

Un conseil d’académiciens a maintenant été chargé de conseiller la ville d’Anvers sur la façon de réagir à cette initiative qualifiée d’acte "de désobéissance civile légitime" par l’AMS. L’installation d’un monument à la mémoire de toutes les victimes de l a Shoah est notamment envisagée. Elle permettrait ensuite à des commémorations individuelles, comme les pavés de mémoire, d’avoir lieu.