Peeters: "Ce que Francken a dit n’a pas été discuté au préalable par le gouvernement"

Invité ce mercredi matin dans le studio de Radio 1 (VRT), le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) a salué le "langage clair" de la Commission européenne face aux déclarations du secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA) sur le contournement de la Convention européenne des droits de l'homme. D’après Kris Peeters, les propos du secrétaire d’Etat n’avaient pas été discutés au sein du gouvernement. 

Mardi, Theo Francken a provoqué une nouvelle polémique en marge d’une réunion entre les ministres européens chargés de l’Asile et la Migration. Le nationaliste flamand a en effet déclaré qu’il fallait tenter de "contourner" l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, afin de pouvoir à nouveau refouler les bateaux transportant des migrants. 

Je pars du principe que le Premier ministre suit cela de très près, et qu’il prendra des mesures si elles s’avèrent nécessaires

Kris Peeters

D’après le ministre Kris Peeters, qui s’exprimait dans l’émission "De Ochtend", les déclarations du secrétaire d’Etat ne constituaient pas une communication gouvernementale. "Ce qu’il a dit n’a pas été discuté au préalable. Certainement concernant l’article 3. Je pars du principe que le Premier ministre suit cela de très près, et qu’il prendra des mesures si elles s’avèrent nécessaires".

Suite aux propos de Theo Francken, le commissaire européen en charge de la Migration, Dimitris Avramopoulos, a exprimé son désaccord : "La politique migratoire de l'UE se fonde sur le principe de respect des droits humains et fondamentaux ainsi que sur celui de non-refoulement, qui est inscrit dans la convention de Genève. Cette dernière représente l'évangile de la politique migratoire de l'Union", a-t-il rappelé à l'issue du Conseil.

"Un langage clair de la part du commissaire européen", estime Kris Peeters, "c’est le plus important". "Si j’ai bien compris, le secrétaire d’Etat a lui-même indiqué qu’il fallait placer ses propos dans un contexte déterminé".

Hier, le cabinet de Theo Francken avait en effet repris son secrétaire d’Etat. "Le problème ne réside pas tant dans la Convention européenne des droits de l'homme en elle-même (qui est en partie un texte de son époque) mais bien dans l'interprétation large qu'en ont fait les juges de Stasbourg", a ajouté le cabinet. "Nous constatons cette interprétation large dans divers domaines, et aussi en matière de migration (arrêt sur les push-backs, arrêts sur les transferts grecs de la procédure Dublin, jugement sur les terroristes renvoyés, etc.)", peut-on notamment lire dans un communiqué.