Les écoliers flamands maîtrisent-ils toujours moins le français ?

Plus de la moitié des écoliers de 12 ans n’atteignent pas les objectifs pédagogiques de fin de 6e primaire pour la lecture du français. A l’audition, ils sont cependant meilleurs, en général. C’est ce que révèle une étude de l’Université catholique de Louvain, que la rédaction de VRT NWS a pu consulter. Les experts tirent la sonnette d’alarme.

Quelque 2.000 élèves de sixième primaire ont été testés par les chercheurs de la KULeuven quant à leurs connaissances du français. A l’épreuve d’audition, 70% des élèves ont atteint les objectifs pédagogiques, alors qu’au test de la compréhension à la lecture moins de la moitié - 45% très exactement - satisfaisaient à ces objectifs. Et moins d’un tiers des élèves peuvent décrire une situation à l’aide d’une énumération ou poser les questions correctes.

Détail piquant, bien que pas tout à fait inattendu : les écoliers qui ne parlent pas le néerlandais à la maison obtiennent de meilleurs résultats aux tests de français. Il ne s’agit cependant pas seulement des élèves qui parlent le français à la maison. Les enfants qui entrent davantage en contact avec le français en-dehors de l’école obtiennent aussi de meilleurs scores. Et plus l’attitude des parents vis-à-vis du français est positive, plus leurs enfants maitrisent la langue.

La KULeuven a également constaté que l’attitude de l’enseignant joue un rôle important. Quand celui-ci parle avant tout le français pendant son cours, ses élèves obtiennent de meilleurs résultats. Ce qui semble plaider en faveur d’un cours de français donné essentiellement dans la langue-cible.

Les objectifs pédagogiques sont des objectifs minimum

Les chiffres inquiètent les spécialistes et la ministre de l’Enseignement Hilde Crevits (photo). Pour les élèves de sixième primaire, ces objectifs finaux consistent à pouvoir décrire des tâches quotidiennes et parler de soi, par écrit, oralement et à l’audition.

Or plus de la moitié des enfants testés n’y parviennent pas. Hilde Crevits déplore avant tout que les élèves ne parviennent pas à s’exprimer correctement. Mais il n’y a pas que les connaissances du français qui diminueraient chez les élèves flamands.

"On constate que les connaissances de base et la grammaire ne s’améliorent pas ces dernières années", précise Serge Verlinde qui enseigne le français et dirige l’Institut des Langues Vivantes (ILT). "On a beaucoup investi dans la communication. Mais il y a eu un retour du pendule. Autrefois, les verbes étaient mémorisés à l’aide d’exercices répétitifs. Aujourd’hui, on y attache moins d’importance. Même chez les meilleurs étudiants, les connaissances diminuent. Et cela alors qu’il y a beaucoup d’emplois vacants dans les entreprises pour ceux qui maitrisent le français".

La connaissance du néerlandais serait également en régression chez les jeunes Flamands, selon Serge Verlinde. "En néerlandais aussi, on constate que des élèves ne parviennent pas à atteindre les objectifs pédagogiques. La connaissance des langues en général devient un problème "