"Les centrales nucléaires belges sont fiables et sûres"

D’après Nathal Severijns, spécialiste en physique nucléaire de l’Université catholique de Louvain (KU Leuven), les centrales belges sont fiables et sûres. Le chercheur réagissait à l’arrêt du réacteur de Doel 4, qui a depuis redémarré. Nathal Severijns plaide pour une approche scientifique de la sortie du nucléaire. "Nous pouvons vivre avec moins d’énergie nucléaire. Mais le passage à l’énergie verte n’est pas encore assez rapide". 

Le réacteur nucléaire de Doel 4, à l'arrêt depuis samedi soir, a redémarré ce lundi matin, plus tôt que prévu. La cause de son arrêt résidait dans un défaut de contrôle de la puissance de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale.

D’après la députée SP.A Karin Temmerman, l’arrêt du réacteur prouve qu’une sortie du nucléaire est possible en 2025. "L’incident nous donne raison quand nous affirmons qu’on peut vivre sans énergie nucléaire. Celle-ci est dépassée et peu fiable", estime-t-elle. 

"Il n’y a pas plus d’incidents"

Le physicien Nathal Severijns n’est pas d’accord avec la députée socialiste flamande. Selon lui, il n’y a pas plus d’incidents dans les centrales nucléaires belges. Ceux-ci sont surtout davantage signalés. "Entre 2011 et 2018, il y a eu moins d’incidents dans les réacteurs de Doel 1 et 2 que dans celui de Borssele, derrière la frontière néerlandaise. Il se fait toutefois que chaque cas est communiqué dans notre pays. Ailleurs, ce n’est le cas que lorsqu’il y a un risque sécuritaire", souligne-t-il.

En raison de l'incident à Doel 4, tous les réacteurs de la centrale de Doel étaient à l'arrêt. Les réacteurs Doel 1 et 2 étaient en effet à l'arrêt pour un entretien prévu de longue date, alors que le redémarrage de Doel 3 est prévu le 2 août. Cette situation n’a pas pour autant posé de problèmes d’approvisionnement en électricité. "C’est l’été, et notre consommation est dès lors moins importante", explique Nathal Severijns. "Mais nous pourrions de toute façon importer de l’énergie de France et des Pays-Bas, et nous bénéficions aussi d’électricité supplémentaire provenant des centrales à gaz, auxquelles Engie fait appel pour contrer une éventuelle pénurie". 

"Les centrales à gaz ne sont pas la solution"

Aux yeux du spécialiste en physique nucléaire, les centrales à gaz ne constituent pas pour autant une solution pour sortir du nucléaire en 2025. "Quid du climat ? Nous pouvons vivre avec moins d’énergie nucléaire. Actuellement, il s’agit environ de la moitié de notre électricité. Cette part peut encore diminuer et être assurée par l’énergie verte. Mais actuellement, cela ne va toujours pas assez vite", estime-t-il.