Kris Peeters veut calmer le jeu dans le dossier de la restructuration de Carrefour

Le ministre fédéral de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), invitera ses collègues régionaux pour discuter avec eux des propositions formulées dans le cadre de la restructuration de Carrefour. Des divergences d'interprétation et d'attitude à adopter sont apparues mardi entre le ministre fédéral et son homologue flamand, Philippe Muyters (N-VA).

Le premier avait indiqué que les Régions auraient à se prononcer elles aussi sur le contenu du plan qui, selon le protocole d'accord entre direction et syndicats, pourrait intégrer une mesure de mise à la prépension à partir de 56 ans pour 600 personnes. Le second et son parti la N-VA ont demandé à Kris Peeters de ne pas donner son feu vert à une telle mesure, estimant qu'elle fragiliserait la politique du gouvernement fédéral visant à maintenir les gens plus longtemps au travail.

Faisant part de son intention d'inviter ses collègues régionaux à une concertation, le ministre fédéral de l'Economie et de l'Emploi a tenu à préciser mercredi que les personnes en Régime de Chômage avec Complément d'entreprise (RCC), anciennement appelé prépension, "ne prennent pas leur pension. Elles sont toujours prises en considération pour le marché du travail et sont obligées d'accepter un travail adapté. Une personne en RCC qui se trouvait à la caisse d'un Carrefour devra ainsi accepter une offre d'emploi de Colruyt par exemple", a souligné Kris Peeters.

Pour la Flandre, le VDAB doit accompagner ces personnes dans la recherche d'un nouvel emploi

Par ailleurs, la décision de relever l'âge du RCC à 60 ans a été prise. L'Arrêté Royal adopté en ce sens prévoit qu'en l'absence d'une nouvelle convention collective de travail du Conseil national du Travail, l'âge du RCC sera relevé à 59 ans le 1er janvier 2019 et à 60 ans le 1er janvier 2020.

Toujours selon Kris Peeters, les malentendus proviennent du fait que pour la première fois, tous les ministres régionaux sont associés aux décisions relatives à une restructuration et ne jouent pas seulement un rôle purement consultatif.

"Il faut bien avoir conscience que nous parlons ici de personnes qui ont perdu leur emploi et ne disposent pas des meilleurs contrats. Bon nombre d'entre elles, tombant sous le régime RCC, ont une fonction de caissier ou de caissière et travaillent souvent à trois quarts temps pour un salaire net allant de 900 à 1.200 euros. Avec le RCC, il ne leur restera que 675 à 900 euros (75%). Quoi qu'il en soit, il est important qu'elles soient accompagnées dans la recherche d'un nouvel emploi", a souligné le ministre CD&V.