Carrefour ne supprimera plus 1.233 mais 950 emplois

La direction de Carrefour Belgique a signé un protocole d'accord concernant le plan de transformation de l'enseigne avec ses partenaires sociaux. Le nombre d'emplois supprimés est réduit à 950, au lieu des 1.233 évoqués depuis le mois de janvier. Quatre formules de départ volontaires seront proposées aux travailleurs, afin d'éviter tout licenciement sec. La nouvelle réglementation sur le Régime de Chômage avec Complément d'entreprise (RCC) cause néanmoins des tensions entre les ministres fédéral et flamand de l’Emploi, Kris Peeters et Philippe Muyters.

Il aura fallu 11 conseils d'entreprise extraordinaires et 7 semaines de négociations pour aboutir à un accord entre la direction de Carrefour - le groupe français de grande distribution - et les syndicats. Concrètement, les hypermarchés d'Alleur et de Genk, menacés de fermeture dans un premier temps, resteront ouverts et deviendront des Carrefour Market (intégrés).

Le magasin d'Angleur (Belle-Ile) aura une superficie de 2.550 m2 et celui de Genk de 2.500 m2. Les hypermarchés de Westerlo, Brugge St-Kruis et Haine-St-Pierre seront aussi transformés en Carrefour Market (intégrés). L'hypermarché de Turnhout ne verra pas sa superficie réduite.

Le plan de transformation prévoit aussi que le nombre de formations pour tous les collaborateurs sera revu à la hausse afin d'accompagner chacun dans l'apprentissage de nouvelles compétences, notamment en matière digitale et formation métier.

Au départ, Carrefour avait annoncé son intention de supprimer 1.233 postes, dont 180 au siège central à Evere. Ce chiffre a été ramené à 950 emplois. Quatre formules de départ seront proposées au personnel: le chômage avec complément d'entreprise (RCC), le départ volontaire avec indemnité financière "intéressante", aller travailler dans un autre magasin ou une autre fonction et du crédit-temps.

Le premier départ est prévu pour la fin novembre de cette année et le dernier fin juin 2019.

Kris Peeters et Philippe Muyters s’opposent sur le RCC

Le Premier ministre Charles Michel a appelé ce vendredi à la sérénité des discussions politiques à propos de la restructuration de Carrefour. Le ministre fédéral de l'Emploi, Kris Peeters (photo, à dr.), organisera une réunion de concertation avec ses homologues des trois Régions. "J'appelle à ce que chacun, avec sérénité, autour de la table, expose son interprétation juridique et pas au travers de déclarations dans la presse", a déclaré Charles Michel à l'issue du conseil des ministres.

La nouvelle réglementation sur le Régime de Chômage avec Complément d'entreprise (RCC) s'applique pour la première fois sur l'ensemble du territoire, c'est-à-dire en incluant les trois Régions. Le ministre flamand de l'Emploi, Philippe Muyters (N-VA), a répété qu'il ne donnerait pas son accord à des RCC à 56 ans, comme le prévoit le plan de restructuration de Carrefour.

Il l’avait déjà déclaré jeudi au Parlement flamand. "Je ne veux pas donner le signal à ceux qui ont 56 ans et davantage que nous pouvons nous passer d’eux sur le marché de l’emploi". Muyters (photo, à g.) entend donner un avis négatif au sujet des RCC à son homologue fédéral Kris Peeters.

Les conséquences de ce refus demeurent obscures, les Régions n'étant compétentes que pour la remise à l'emploi des chômeurs. Kris Peeters espère de son côté obtenir un avis des Régions reposant sur le consensus. Et s'il n'y a pas de consensus? "Ce serait très particulier qu'en Wallonie et à Bruxelles, on active les personnes et pas en Flandre alors qu'il y a tellement d'offres d'emploi qui restent vacantes", faisait remarquer le ministre fédéral lors de son arrivée au conseil des ministres.