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Migration: L’Union peut-elle réellement adopter le modèle australien ?

Alors qu’il y a quelques jours, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), a réitéré sa volonté d’évoluer vers le modèle australien en terme de gestion de la migration, la rédaction de la VRT a demandé au professeur Dirk Vanheule, de l’Université d’Anvers, si dans la pratique, une telle réglementation serait applicable au sein de l’Union européenne. D’après lui, les choses ne seraient pas aussi simples. 

Maintenir les guichets et les centres pour demandeurs d’asile en dehors des frontières de l’Union, ou encore interdire le droit d’asile à toute personne ayant tenté de rentrer illégalement en Europe. Voilà certaines des idées émises ce week-end par Theo Francken, et calquées sur le système australien.

Invité ce lundi dans le cadre de la matinale "De Ochtend" (Radio 1 – VRT), le professeur de droit des étrangers, Dirk Vanheule, a apporté quelques éclairages aux déclarations du secrétaire d’Etat. "Afin de réaliser les projets de Theo Francken, il faudra amener un maximum de personnes sur la même longueur d’ondes. Nous constatons toutefois que les choses bougent beaucoup : les pays tels que l’Autriche, la Hongrie, la Pologne et l’Italie sont en faveur d’une politique migratoire plus sévère", souligne-t-il.

D’après le professeur anversois, même si l’Union européenne parvenait soudainement à trouver une large majorité en faveur d’une approche plus radicale du dossier migratoire, les choses ne se feraient pas en un clin d’œil. "Il y a différents défis juridiques", explique-t-il. "D’innombrables directives, règlements et clauses conventionnelles devront être adaptées". Une situation qui engendrera un travail de longue haleine, souligne encore Dirk Vanheule. 

L’Australie n’est pas soumise aux règles de la Cour européenne des droits de l’homme.

Dirk Vanheule (Université d'Anvers)

Par ailleurs, le modèle australien ne peut littéralement être copié par la Belgique. "L’Australie est une île, où il est possible d’organiser les contrôles frontaliers d’une autre manière", fait-il remarquer.

Enfin, juridiquement, une autre différence de taille existe entre l’Australie et l’Union européenne. "Les gens qui tentent d’entrer illégalement en Australie par bateau perdent automatiquement leur chance d’obtenir l’asile. Les autorités peuvent faire cela, car elles n’ont pas d’institutions internationales qui les contrôlent. L’Australie n’est pas soumise aux règles de la Cour européenne des droits de l’homme, ou à la Cour européenne de Justice", conclut Dirk Vanheule.